Exercices pour la clef 10D

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exercice 2

Cet exercice est très semblable à celui qui le précède immédiatement. (Exercice 1, clef 10D.). Vous trouverez dans le texte qui suit un certain nombre d'énoncés erronés ou faux. Les deux erreurs les plus grossières vous sont signalées en hypertexte.

1- Cliquez sur le lien, et on vous donnera quelques indices qui vous permettront de résoudre le problème. Cette fois-ci, cependant, aucune solution détaillée ne vous sera ensuite donnée.

Texte de base pour l'exercice
(les problèmes sont présentés à la suite du texte)

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Les grandes révolutions scientifiques: la vie

Introduction

Le mammouth, ce mammifère géant, emblème de la paléontologie, possède un extraordinaire pouvoir évocateur. Avec lui, on plonge dans la préhistoire.

La découverte des ossements de cette espèce disparue, à la fin du XVIIIe siècle, a marqué la première rupture avec la vision de la Création telle qu'elle est présentée dans la Bibleouvre dans une nouvelle fenêtre.

Puis est née l'idée que les espèces vivantes ne sont pas immuables, mais qu'au contraire, elles se transforment continuellement.

Aujourd'hui, peu de gens remettent en cause la théorie de l'évolution des espèces. Elle fait partie des acquis de notre culture. Pour plusieurs spécialistes, elle représente même la plus grande révolution scientifique de toute l'histoire des sciences.

Des espèces ont disparu 

Au début, quand les naturalistes exhument des ossements de taille spectaculaire, ils sont convaincus qu'ils appartiennent à une espèce connue, car pour eux, le monde est tel que Dieu l'a créé. Ces os de mammouth sont donc, à leur avis, les restes d'éléphants victimes du Grand Déluge.

Mais, en 1796, le fondateur de la paléontologie, Georges Cuvier, le plus grand spécialiste de l'anatomie comparée de l'époque, vient semer le doute. On lui a apporté des ossements qui, selon lui, doivent être ceux d'un éléphant. Mais après un examen plus approfondi, il constate qu'il s'agit plutôt d'une espèce inconnue, qu'il décide d'appeler mammouth. Selon lui, la disparition de cette espèce est due à une catastrophe naturelle, un déluge ou une glaciation. Il n'a pas d'autre choix que de conclure que le monde qui l'entoure n'est pas forcément celui que Dieu a créé.

Pour l'historien des sciences Camille Limoges, la vision fixiste de la Création connaît alors sa première lézardeouvre dans une nouvelle fenêtre. "Cuvier va être l'un des premiers à démontrer que certaines espèces qui ont existé sont bel et bien éteintes maintenant."

Par la suite, de nouvelles découvertes de fossiles viendront allonger la liste des espèces disparues.

Les espèces se transforment

En 1809, le livre Philosophie zoologique, un livre controversé, cherche une explication à la question des espèces disparues. L'auteur, le grand naturaliste français Jean-Baptiste Lamarck, y développe un nouveau point de vue: le transformisme. Il est en complet désaccord avec Cuvier. Selon lui, les espèces ne disparaissent pas, elles se modifient, se transforment progressivement pour donner celles que l'on connaît aujourd'hui.

Il croit, par exemple, qu'à force de brouter les arbres les plus hauts, le cou de la girafe s'est allongé et que ces modifications se sont ensuite transmises par hérédité.

"La transformation des vivants, pour Lamarck, c'est sa façon d'expliquer qu'il n'y a pas eu extinction des espèces. Ce que Lamarck dit c'est que les fossiles ne sont pas des espèces éteintes, ce sont des espèces qui ont subi une transformation", explique l'historien des sciences Camille Limoges.

Cette idée que les espèces se transforment, que les poissons, par exemple, ont engendré les premiers reptiles terrestres, a alors très peu d'impact, en bonne partie parce que Lamarck propose un principe de transmission héréditaire des caractères acquis, sans qu'on sache très bien comment ces transformations se transmettent, dans les faits, d'une génération à l'autre.

La sélection naturelle

Un des grands défis des historiens des sciences, est d'identifier l'événement qui est à l'origine d'une grande révolution. Pour la découverte de l'évolution, une date s'impose entre toutes: 1831.

Cette année-là, un jeune naturaliste anglais, Charles Darwin, entreprend un long voyage d'exploration autour du monde. Un voyage qui va durer cinq ans.

Ses observations sur la flore et la faune, à chacune de ses escales, auront un tel impact sur ses idées, qu'il sera forcé, en quelque sorte, de changer à tout jamais la représentation que nous avons de l'histoire du monde et de nos origines.

Lorsqu'il monte à bord du Beagle, un grand voilier, Charles Darwin n'a que 22 ans. Comme la quasi totalité de ses contemporains, ce jeune naturaliste adhère encore aux théories créationnistes. Par contre, il possède une solide formation et aucune des découvertes de son époque ne lui échappe.

Tous ses biographes s'accordent sur un point. De son long périple autour du monde, l'arrêt aux Îles Galapagos, dans le Pacifique, va devenir l'événement crucial de sa vie.

Ces îles, situées à 1000 km des côtes de l'Amérique du Sud, offrent un environnement varié, peuplé d'espèces sorties d'un autre âge. Mais Darwin est surtout frappé par la très grande variabilité des espèces entre chacune des îles. Chez les tortues, la carapace peut prendre une forme plate ou bombée à proximité du cou. Chez certains oiseaux, la variabilité est plus remarquable encore: le bec change de forme, d'une île à l'autre.

Darwin prend des notes, dessine fiévreusement tout ce qu'il voit tout en recueillant une multitude d'échantillons pour ses collections.

À son retour en Angleterre, notre voyageur a la tête en ébullition.

"Quand il revient de son voyage, Darwin n'est pas évolutionniste. C'est en rédigeant son journal de voyage, en analysant les milliers de spécimens qu'il a rapportés, qu'il réfléchit en quelque sorte à ce qu'il a trouvé. Et c'est seulement après son retour de voyage, en 1838, qu'il va, après s'être convaincu de l'évolution des espèces, trouver le mécanisme explicatif de cette évolution, la sélection naturelle", explique l'historien des sciences Camille Limoges.

Dès ce moment, Darwin, obsédé par sa découverte, cherche à organiser sa pensée. Toutes ses observations lui démontrent que les espèces vivantes se modifient sans cesse, lentement, graduellement. À son avis, le moteur de cette lente évolution est le mécanisme de la sélection naturelle. En somme, les espèces changent constamment, et parce que le milieu change aussi, seules les formes les mieux adaptées aux nouvelles conditions survivent. C'est ainsi que de nouvelles espèces font constamment leur apparition, tandis que d'autres s'éteignent. Mais l'idée la plus importante de Darwin, c'est qu'il croit que toutes les espèces ont une origine commune, qu'elles dérivent les unes des autres.

Pendant plus de 20 ans, Darwin continue d'accumuler des faits pour étayer sa thèse. Mais, conscient des violentes émotions qu'elle risque de causer, il ne publie rien. En 1858, l'arrivée d'une lettre va changer le cours des choses.

"En 1858, un jeune naturaliste, Alfred Wallace, envoie à Darwin un court article qui traite d'idées très proches des siennes sur l'évolution des espèces et la sélection naturelle.

Darwin est bouleversé. Il jongle avec ces idées depuis trop longtemps pour se laisser devancer. S'il ne veut pas perdre l'antériorité de sa découverte, il doit publier le plus rapidement possible.

Un an plus tard, The Origin of Species (l'Origine des espèces) paraît enfin.

C'est un énorme scandale ! On y soutient que l'Homme et le singe sont cousins, descendants d'un même ancêtre. Les titres des journaux sont virulents. Darwin clame que Dieu est mort. Il a détruit la société !

Pour l'anthropologue Norman Clermont, de l'Université de Montréal, l'Origine des espèces demeure le plus grand livre du millénaire. "Pour moi, l'ouvrage de Darwin de 1859 c'est le meilleur livre qui a été écrit depuis l'invention de l'imprimerie. C'est, après la Bible, le deuxième livre le plus influent sur la façon de se représenter le monde en Occident. Et les conclusions sont idéologiquement révolutionnaires parce qu'elles transforment toutes les représentations de la Nature. Auparavant, il y avait une Nature qui était comme une créature. Maintenant, il y a une Nature qui est comme une manufacture. Mais Darwin va aussi montrer comment fonctionne cette manufacture. Il explique comment cette nature arrive à mettre en existence des choses qu'on ne pouvait expliquer auparavant que par la Création."

Tous les exemplaires de l'Origine des espèces sont vendus dès la première journée. Malgré la forte hostilité qu'elles soulèvent, les thèses sulfureuses de Darwin sur l'évolution s'imposent rapidement. Pourquoi?

"Ce qui fait la force incroyable de l'Origine des espèces c'est la discipline de Darwin. Il assemble une montagne de faits pour prouver qu'il y a bien eu une évolution des espèces. La théorie de l'évolution des espèces devient alors une théorie incontournable", précise l'historien des sciences Camille Limoges.

L'origine de l'Homme

L'idée que nous partageons un ancêtre avec les grands singes se répand rapidement après la parution de l'Origine des espèces de Darwin, en 1859.

Dès lors, c'est l'évolution de notre espèce qui préoccupe les esprits. Comment sommes-nous arrivés à ce que nous sommes, aujourd'hui?

Darwin, encore une fois, hésite à livrer ses réflexions. Finalement, The Descent of Man paraît en 1871. On y retrouve, expliquées à grands traits, les principales étapes qui, selon Darwin, ont mené à l'émergence de l'Homme moderne, l'Homo sapiens. L'accroissement du volume de la boîte crânienne et du cerveau, le redressement de la colonne vertébrale et l'acquisition de la bipédie représentent les axes principaux.

"Darwin n'a pas de preuves paléontologiques de ce qu'il avance. Darwin a des certitudes. Il est convaincu que c'est comme ça que ça s'est passé, que ça ne peut pas s'être passé autrement. Dans un cadre de réflexion scientifique, il arrive à l'expliquer. Il espère que d'autres, quelques générations après lui, trouveront les preuves", explique l'anthropologue Norman Clermont, de l'Université de Montréal.

Des fossiles troublants

Lorsque Darwin prédisait qu'on allait trouver des traces fossiles de l'évolution des grands singes, il avait raison. Mais les caractéristiques des fossiles exhumés à partir de 1891 sèment le désarroi.

On avait imaginé que la première transformation ayant présidé au lancement de notre lignée serait l'accroissement du cerveau, l'organe noble entre tous. Or, le premier fossile découvert à Java, bien qu'il soit parfaitement bipède, possède un front fuyant et un cerveau relativement petit. On l'appelle pithécanthrope, l'homme-singe.

Mais l'onde de choc la plus violente survient une trentaine d'années plus tard. On exhume en Afrique du Sud un fossile plus ancien encore que le pithécanthrope: l'australopithèque. Là encore, c'est un parfait bipède muni d'un cerveau aussi petit que celui des chimpanzés.

Le fait le plus troublant survient à la fin des années 1950: les Leakey, la célèbre famille d'anthropologues, découvrent, au voisinage des fossiles d'australopithèques, des restes d'outils. Avec un cerveau à peine plus gros qu'une balle de baseball, ces créatures primitives auraient donc été capables de concevoir des objets dans un but précis. On croit alors que l'australopithèque représente le premier stade de l'hominisation.

L'expansion de l'espèce humaine

Ces découvertes sont le signal d'une véritable ruée vers l'os. Dans plusieurs régions d'Afrique, de nouvelles espèces d'hominidés fossiles sont mises au jour. Cette diversité inattendue force les paléontologues à remanier notre arbre généalogique.

Il y a 40 ans, on croyait que les australopithèques s'étaient peu à peu modifiés pour engendrer notre espèce, Homo sapiens. Une évolution simple et linéaire. À l'aube du 21e siècle, avec une vingtaine d'hominidés fossiles répertoriés, notre arbre se révèle plus complexe. Il prend la forme d'un buisson où plusieurs espèces d'hominidés coexistent à différentes époques.

Mais notre espèce est la seule qui ait échappé à l'extinction. On peut se demander pourquoi?

"D'après la théorie de Darwin, on a réussi à survivre jusqu'à l'âge de la reproduction et on s'est reproduit davantage que les autres espèces. À tel point qu'on s'est répandu dans les territoires qui étaient occupés par les autres espèces. À ce moment-là, c'est encore nous qui avons eu le haut par rapport aux autres espèces d'hominidés. Donc les espèces humaines n'ont pas été égales ou équivalentes dans la lutte pour la survie puisque certaines sont disparues", explique l'anthropologue Norman Clermont, de l'Université de Montréal.

Bipédie, accroissement du cerveau, conquête du feu, langage. Laquelle de toutes ces particularités nous démarque le mieux des grands singes?

Une réponse difficile. Mais lorsqu'on regarde certains de nos comportements barbares, on perd de vue la lente évolution qui nous a valu notre si belle appellation d'homo sapiens, d'homme sage.

Texte de Solange Gagnon et Jeannita Richard, tiré de l'émission Découverte de Radio-Canada, adapté pour Internet par Caroline Paulhus, Isabelle Montpetit et Karine Boucher, tiré du site WEB de l'Agence Science-Presse (http://www.sciencepresse.qc.calien externe) le 20 avril 2001.

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© Victor Thibaudeau, mai 2008