Exercices pour la clef 1A

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Texte de base pour l'exercice
(les problèmes sont présentés à la suite du texte)

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Une semaine après la tentative d'immolation par le feu de cinq membres présumés du mouvement Falungong sur la place Tian'anmen, les autorités chinoises ont fini par en informer le peuple. Le 31 janvier au soir, dans le cadre d'une campagne intensive visant à discréditer la secte interdite, elles ont rendu publique la macabre vidéo de la police montrant les adeptes en proie aux flammes. Ce fut le sujet principal de Focus, un magazine très populaire qui passe tous les jours après le journal du soir.

Les comptes rendus officiels, qui avaient été soigneusement orchestrés, mettaient l'accent sur les prétendus aspects irrationnels et cruels du Falungong et de son gourou. Ils marquaient une nouvelle étape dans la lutte effrénée que mène le gouvernement pour monter l'opinion contre ce "culte malfaisant" qui a refusé de s'incliner depuis son interdiction, en juillet 1999, et l'arrestation d'un grand nombre de ses dirigeants locaux.

Comme beaucoup d'autres mouvements similaires, le Falungong promet à ses adeptes la santé et le salut de l'âme à travers des exercices de méditation. Et il se présente comme un rassemblement non politique. En vue de justifier des mesures de répression telles que l'envoi de milliers d'honnêtes citoyens dans des camps de rééducation par le travail et la mort en détention de plus de 100 personnes, le gouvernement a commencé par accuser la secte d'abuser des gens malades en les privant des soins médicaux dont ils ont besoin, ce qui aurait coûté la vie à plus de 1 600 adeptes. Puis il a proclamé que l'organisation nourrissait secrètement le dessein de renverser le Parti communiste. Plus récemment, les autorités ont accusé le Falungong d'être à la solde de puissances étrangères antichinoises et de faire perdre à ses fidèles tout sens de la réalité. En guise de témoignage, elles ont montré à la télévision l'un des immolés et des membres de sa famille qui continuaient à soutenir que le salut de l'âme passe par le Falungong.

Tout en mettant en doute les pouvoirs mystiques de la secte et le culte rendu à son gourou, de nombreux Chinois se disent las des dénonciations incessantes du gouvernement vis-à-vis d'un mouvement qui compte des millions de fidèles, au nombre desquels figurent aussi bien d'illustres universitaires que de simples retraités de province. Beaucoup affirment en privé que les autorités se sont elles-mêmes mises en difficulté en diabolisant le mouvement.

Mais les images diffusées le 31 janvier ont choqué nombre de téléspectateurs et pourraient en avoir amené certains à voir le Falungong sous un jour plus critique. "Pratiquer pour se maintenir en bonne santé est une chose, mais il ne faut pas que cela pervertisse les esprits" , a déclaré un commerçant de 32 ans en voyant la vidéo.

Fondé en 1992 par un ancien fonctionnaire du nom de Li Hongzhi, le Falungong est un syncrétisme des théories bouddhiques, taoïstes et chinoises du qijong [technique de respiration], terme qui désigne les forces de l'énergie cosmique. Selon M. Li, en pratiquant les exercices indiqués, on active une roue invisible située dans l'abdomen, qui aspire les bonnes énergies et chasse les mauvaises, gage de santé et de bonheur. M. Li dénonce la corruption de la société moderne. A un stade avancé de la pratique, écrit-il, les adeptes peuvent acquérir des pouvoirs surnaturels, comme celui de voler ou d'être présent en deux lieux à la fois.

Des dizaines de millions de Chinois, parmi lesquels un grand nombre de personnes âgées qui ne pouvaient faire face au coût élevé des soins médicaux, ont été attirés par les groupes d'adeptes du Falungong qui pratiquaient dans les jardins publics. Mais les mesures de répression ont commencé à se multiplier en avril 1999, quand 10 000 membres de la secte ont illégalement pris part à une audacieuse manifestation à Pékin pour réclamer la reconnaissance de leur mouvement et la fin de la campagne de dénigrement dont ils étaient victimes.

L'émission spéciale du 31 janvier montrait un homme qui a été identifié comme Wang Jindong, 51 ans, originaire de Kaifeng, dans la province centrale du Henan: à peine s'était-il assis dans la position du lotus que les flammes l'encerclaient. Après l'intervention de policiers munis d'extincteurs, il est resté assis, le visage et le corps carbonisés [voir la photo en couverture]. La télévision a également diffusé une interview de l'une des femmes qui ne s'est pas immolée, Liu Baorong, 54 ans, venue elle aussi de Kaifeng mais qui a changé d'avis en voyant les membres de son groupe enveloppés par une fumée noire. Elle pensait, a-t-elle déclaré, qu'ils monteraient au paradis sans souffrir, dans un nuage de fumée blanche.

Mais, à la télévision comme dans la presse, c'est surtout sur la jeune fille de 12 ans que les autorités ont insisté. "C'était une adorable et ravissante fillette que l'on surnommait 'Petite Noisette'", écrit l'agence Xinhua [Chine nouvelle] au sujet de Liu Siying. Selon les propos qu'aurait tenus cette dernière, elle avait été initiée à la pratique du Falungong en mars dernier par sa mère, qui l'avait entraînée avec elle à Pékin en lui promettant que les flammes ne lui feraient aucun mal. "Elles ne feront que traverser ton corps et tu entreras au paradis en un éclair", lui aurait-elle dit. "Mais aujourd'hui" , poursuit la dépêche de l'agence officielle, "les graves brûlures de son visage et de ses mains montrent aux gens qu'elle pourrait bien ne plus jamais être heureuse." Si l'on en croit l'agence Xinhua, la fillette aurait affirmé aux infirmières: "Maman m'a menti." Mais, quand elle a réclamé sa mère, celles-ci n'ont pas eu le courage de lui dire qu'elle était morte.

Article de Erik Eckholm, paru dans le NEW YORK TIMES et reproduit dans le COURRIER INTERNATIONAL (http://www.courrierinternational.comlien externe), numéro 536, 8 février 2001.


Titres possibles:
Choix de réponses
Immolation en Chine
Après les immolations, la diabolisation
Focus: nouveau show télévisuel de l'heure en Chine
Manifestations suite à la diffusion de Focus

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Mauvaise réponse

Pour remplir la fonction qui lui est propre, un titre doit évoquer l'idée principale développée par le texte en question. Or, le titre "Immolation en Chine" ne révèle qu'un aspect du sujet traité par l'auteur. Ce titre ne recouvre pas entièrement l'idée principale développée par l'auteur, qui fait état de la progande faite par le gouvernement chinois pour noircir la réputation du mouvement Falungong auprès de la population, en utilisant un événement imputable à quelques membres du groupe.

Le titre ne doit pas uniquement servir à accrocher le lecteur ou l'inciter à commencer la lecture d'un texte. Il doit être choisi de manière à orienter la lecture, en donnant une idée exacte du sujet que l'auteur a l'intention de traité et où il veut en venir.

Bonne réponse!

On comprend à la lecture du deuxième paragraphe -- et cette impression n'est que confirmée par la lecture de l'ensemble -- que le texte porte sur l'effort de propagande du gouvernement chinois, qui se sert de l'immolation de quelques membres de Falungong pour noircir ce mouvement dans l'esprit de la population chinoise. Le titre original du texte est de fait le titre b: "Après les immolations, la diabolisation".

C'est ici qu'on prend conscience du rôle souvent extrêmement important que joue un titre. Fréquemment, en effet, le titre ne sert pas qu'à accrocher le lecteur et à l'inciter à commencer la lecture du texte en question. Le titre a de fait une importance qui dépasse ce rôle somme toute temporaire: il oriente toute la lecture que fait l'intelligence de l'introduction (et à la limite de tout le texte) et lui permet de savoir avec certitude -- si l'auteur a bien choisi le titre, évidemment -- quelle est l'idée du texte qui lui donne son unité et sa cohérence. Ce texte sur la Chine contemporaine l'illustre très bien: sans son titre, on peut lire tout son premier paragraphe sans saisir où l'auteur veut exactement nous mener. C'est donc dire que le titre oriente la lecture du premier paragraphe même.

Très mauvaise réponse

Le titre proposé constitue un très mauvais choix, car il mentionne une idée qui est simplement énoncée, mais qui n'est pas du tout développée dans le texte. Or, pour remplir la fonction qui lui est propre, un titre doit évoquer l'idée principale développée par le texte en question. Cette idée fait état de la progande faite par le gouvernement chinois pour noircir la réputation du mouvement Falungong auprès de la population, en utilisant un événement imputable à quelques membres du groupe.

Le titre ne doit pas uniquement servir à accrocher le lecteur ou l'inciter à commencer la lecture d'un texte. Il doit être choisi de manière à orienter la lecture, en donnant une idée exacte du sujet que l'auteur a l'intention de traiter et où au juste il veut en venir.

Très mauvaise réponse

Le titre proposé constitue un très mauvais choix, car il mentionne une idée qui n'est pas du tout contenue dans le texte. Ce titre pourrait même induire le lecteur en erreur puisqu'il n'est aucunement question de manifestations provoquées par la diffusion d'un reportage. Tout au plus, le texte fait état de quelques réactions face à l'ampleur du mouvement Falungong, mais il insiste surtout sur la progande faite par le gouvernement chinois pour noircir la réputation du mouvement auprès de la population.

Or, pour remplir la fonction qui lui est propre, un titre doit évoquer l'idée principale développée par le texte en question.

Le titre ne doit pas uniquement servir à accrocher le lecteur ou l'inciter à commencer la lecture d'un texte. Il doit être choisi de manière à orienter la lecture, en donnant une idée exacte du sujet que l'auteur a l'intention de traiter et où au juste il veut en venir.

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© Victor Thibaudeau, mai 2008