Exercices pour la clef 1B

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Exercice 3

Texte de base pour l'exercice
(les problèmes sont présentés à la suite du texte)

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Même si les manifestations du Falungong [note] se sont accompagnées de manoeuvres politiques, le succès de ce mouvement traduit des changements profonds dans la société chinoise. Outre cette organisation, cinq ou six autres sectes, relevant initialement de l'Administration sportive d'État [l'autorité de tutelle], ont été interdites en 1999. Il est difficile d'évaluer le nombre d'adeptes du Falungong et d'autres sectes, mais on peut supposer sans grand risque d'erreur qu'elles ont dû atteindre à leur apogée 200 millions de fidèles. Ceux-ci ont pour la plupart abandonné le mouvement après son interdiction, continuant souvent à pratiquer chez eux, et seuls quelques milliers ont manifesté sur la place Tien'anmen. L'expansion de ces organisations en dit long sur le vide spirituel dont souffre la Chine moderne.

Le système de valeurs traditionnel, axé sur la famille, le culte des ancêtres et le respect de l'État a bel et bien disparu après des décennies de persécution communiste, et le communisme lui-même a perdu le caractère religieux qu'il a eu pendant la Révolution culturelle, dans les années 60 et 70. Si Mao Zedong a été divinisé, personne ne croit aujourd'hui que le président Jiang Zemin soit un dieu. Reste que les besoins spirituels sont plus forts que jamais. Les Chinois recherchent une communion avec la nature, et aussi avec l'au-delà. Le Falungong et d'autres sectes ont su répondre à de telles aspirations mieux que ne pouvait le faire le christianisme, dont les enseignements demeurent profondément étrangers à la culture chinoise. Ces sectes ont redéfini d'anciens rites taoïstes et bouddhistes bien connus, reprenant un vocabulaire familier qu'ils ont remis au goût du jour. Ainsi, le Falungong a su faire des adeptes dans une population encore marquée par les vieilles croyances.

À noter que le Falungong a attiré de nombreux militaires à la retraite. Habitués à obéir, formés de très bonne heure à la discipline, ils se sont reconnus dans la hiérarchie très stricte de cette organisation et dans sa doctrine on ne peut plus simple. Pour ces anciens soldats, la secte venait se substituer à un Parti communiste qui ne voulait plus imposer la discipline et qui construisait une société moderne, très différente de celle à laquelle ils étaient habitués dans les années 50. Pour eux, au-delà de la corruption et des pots-de-vin, la société sombrait dans l'immoralité. De jeunes loups pouvaient s'enrichir sans enfreindre la loi. La richesse même de ces jeunes était un affront aux yeux d'hommes qui, pendant des décennies, avaient suivi la ligne du Parti tout en vivant modestement.

Dans une société où la réussite passe désormais par l'argent, les millions de Chinois qui restent sur la touche ont un sentiment d'exclusion: ce sont des "perdants", en quête de sens et de soutien spirituel. Le Falungong n'est certes pas la bonne solution. De plus en plus inégalitaire, en proie à de fréquentes convulsions, la Chine a besoin de plusieurs groupes religieux pour compenser les tensions que subit le tissu social. Nous disons bien PLUSIEURS groupes, parce que l'État doit être en mesure de maîtriser leur expansion et d'éviter le conflit entre l'Église et l'État qu'a connu l'Europe des siècles passés. Dans la Chine nouvelle, le développement d'un équivalent non violent et tolérant du Falungong, ne pratiquant pas le lavage de cerveau, n'est pas à exclure -- quelque chose d'intellectuellement plus raffiné que l'actuelle forme de superstition qui interdit même à ses adeptes de se faire soigner à l'hôpital.

Extrait d'un article de Francesco Sisci, paru dans le ASIA TIMES de Bangkok et reproduit dans le COURRIER INTERNATIONAL (http://www.courrierinternational.comlien externe) du 8 février 2001, numéro 536.

Problèmes

Quel titre vous semble le mieux convenir à ce texte?
Choix de réponses
Falungong: de plus en plus de membres
Vers une nouvelle incarnation de Falungong
L'attrait de Falungong auprès des militaires à la retraite
Un peuple en manque de spiritualité

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Très mauvaise réponse

Un titre doit donner au lecteur, en quelques mots, une idée générale du contenu du texte qu'il s'apprête à lire. Or, règle générale, c'est en manifestant l'idée principale de celui-ci que cela se fait le mieux. Remplit-on cette condition, en titrant ce texte "Falungong: de plus en plus de membres"?

Ce titre est probablement le pire des quatre qui sont proposés.

En effet, ce titre ne représente pas l'idée principale du texte. Celui-ci aborde certes la question du membership de Falungong, mais seulement au premier de ses quatre paragraphes. Dès la fin du premier paragraphe, d'ailleurs, on annonce que ce membership important est à lier à ce dont la suite du texte va parler, soit le vide spirituel qui règne actuellement en Chine.

En outre, le titre suggéré est déficient parce qu'il rend assez mal compte de l'idée secondaire à laquelle il renvoie et qui se trouve au premier paragraphe. L'auteur ne dit pas que le membership de Falungong augmente: il dit plutôt qu'il a déjà été très grand (200 millions), mais qu'il a de fait diminué récemment.

Mauvaise réponse

Un titre doit donner au lecteur, en quelques mots, une idée générale du contenu du texte qu'il s'apprête à lire. Or, règle générale, c'est en manifestant l'idée principale de celui-ci que cela se fait le mieux. Remplit-on cette condition, en titrant ce texte Vers une nouvelle incarnation de Falungong"?

Ce titre rend compte d'une idée effectivement contenue dans le texte, mais celle-ci y joue un rôle très secondaire.

En effet, c'est seulement vers la fin du texte que l'idée d'une nouvelle forme que pourrait ou devrait prendre Falungong est abordée, apparemment en guise d'ouverture sur autre chose.

Mauvaise réponse

Un titre doit donner au lecteur, en quelques mots, une idée générale du contenu du texte qu'il s'apprête à lire. Or, règle générale, c'est en manifestant l'idée principale de celui-ci que cela se fait le mieux. Remplit-on cette condition, en titrant ce texte "L'attrait de Falungong auprès des militaires à la retraite"?

Ce titre rend compte d'une idée effectivement contenue dans le texte, mais celle-ci y joue un rôle relativement secondaire. Elle se situe clairement dans le corps du texte, mais à côté de quelques autres idées tout aussi importantes: les Chinois restent marqués par les vieilles croyances, la course à l'argent a fait en Chine des millions d'exclus, etc.

De fait, l'idée principale du texte est ce que veut montrer l'auteur en avançant toutes les idées secondaires mentionnées.

Bonne réponse!

Un titre doit donner au lecteur, en quelques mots, une idée générale du contenu du texte qu'il s'apprête à lire. Or, règle générale, c'est en manifestant l'idée principale de celui-ci que cela se fait le mieux. Remplit-on cette condition, en titrant ce texte "Un peuple en manque de spiritualité"?

Ce titre est celui qu'ont donné à ce texte ceux qui l'ont publié, et il semble de fait mieux convenir que les autres.

Cette idée centrale est déjà annoncée dans le premier paragraphe, qui joue plus ou moins le rôle, ici, d'une introduction. Après avoir parlé de l'importance du mouvement Falungong et de sa répression par le gouvernement chinois, l'auteur termine ce premier paragraphe en disant que "l'expansion de ces organisations [de type Falungong] en dit long sur le vide spirituel dont souffre la Chine moderne". L'importance du membership de Falungong est présenté comme un signe de ce vide spirituel.

Les paragraphes suivants tentent tous de décrire ce vide spirituel et moral et ses causes: attachement aux vieilles croyances aujourd'hui disparues, désarroi des retraités face à la société nouvelle, malheur des "nouveaux pauvres", etc.

Que ce soit à titre de signes ou de causes, les autres idées importantes de ce texte servent donc toutes à manifester et à faire voir le vide spirituel qui, selon l'auteur, règne actuellement en Chine.

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© Victor Thibaudeau, mai 2008