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Le respect, rien de moins.

 

 

Raphaël Gagné-Colombo

Étudiant au baccalauréat en philosophie
Université Laval

Au printemps 2011, alors que je venais de terminer ma troisième année de baccalauréat en philosophie, j’ai postulé pour une offre de stage en éthique de la coopération internationale. Il s’agissait d’un stage de terrain au Burkina Faso (Afrique de l’Ouest) offert par l’Agence consultative en éthique de la coopération internationale (ACECI). Je fus sélectionné et je suis parti pour une durée de trois mois.

Mon stage s’inscrivait dans un projet qui consiste à traduire les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en une loi anti-pauvreté. Pour ce faire, il fallait établir une méthode ainsi qu’une sorte d’espace de discussion où les diverses parties prenantes (sociétés civiles, gouvernement, syndicats, secteur privé, etc.) pourraient échanger à propos du projet de loi.

Avec ma formation en philosophie, j’étais très outillé pour ce genre de travail. Premièrement, dans le monde associatif africain, l’esprit critique et la vision d’ensemble sont des atouts. Souvent les méthodes de gestion sont peu efficientes mais l’organisation ne change pas car tout le monde est habitué de faire ainsi et ils ne conçoivent pas d’alternatives. Un parcours philosophique permet justement de développer une conception intégrée de la culture humaine, tout en formant aux méthodes d'analyse et à la réflexion critique. Ce « pas de recul » que j’étais si habitué d’effectuer en philosophie s’est avéré révolutionnaire et bénéfique pour le développement du projet local. J’ai, à plus d’une reprise, proposé des solutions à des problèmes latents. Ensuite, en philosophie, comme dans le monde réel, les questions sont complexes et les réponses ne sont pas simples. Dans chaque interrogation, il y a un contexte, des parties prenantes, des exceptions, etc. De plus, ces problèmes sont toujours liés à d’autres problèmes, ce qui forme un ensemble très complexe et non négligeable. Et justement, le problème de la pauvreté est un problème philosophique en soi avec son contexte, c’est-à-dire avec ses enjeux, ses acteurs, ses exceptions et ses problèmes connexes. Finalement, j’ajouterais qu’une formation en philosophie n’est pas une accumulation de savoirs spécifiques. C’est plutôt un enrichissement autour de divers problèmes, un enrichissement qui s’opère par le biais de l’échange d’idées et du débat. Ainsi, cette formation permet d’acquérir une grande versatilité, ce qui m’a permis de m’adapter rapidement aux conditions et aux manières de faire auxquelles je faisais face sur le terrain.

Au final, mon stage s’est très bien déroulé. En plus de découvrir une culture exceptionnelle, j’ai pu développer des aptitudes professionnelles. Mes collègues et l’Agence étaient très satisfaits de mon travail. Je tiens à dire que les étudiants en philosophie peuvent parfois sous-estimer leurs capacités et craindrent les entrevues. (C’était d’ailleurs mon cas, car l’offre de stage encourageait plutôt les candidats provenant des domaines de la gestion, des relations internationales ou du droit international). Mais il ne faut pas négliger l’apport d’une formation en philosophie. Plusieurs employeurs seront prêts à vous écouter si vous savez comment valoriser vos qualités et compétences. Il faut foncer!