Exercices de logique faits avec des textes spécialisés en sciences infirmières

Le nécessaire et le contingent

Le singulier et l'universel

Texte analysé dans le présent exercice

TEXTE: J. Fortin, "Éthique et politique", in D. Blondeau (ed.), Éthique et soins infirmiers, pp.53-65.

L'accès à ce texte : rappel.

 

Problème 1

Lisez le premier paragraphe de la section "L'éthique", à la p.54.

L'auteure attribue plusieurs caractéristiques aux êtres humains "en tant qu'individus". Jetez un coup d'oeil à ces caractéristiques.

Est-il bien sûr que ces caractéristiques appartiennent toutes à un être humain "en tant qu'individu", c'est-à-dire en tant qu'il est tel ou tel être humain singulier. Se pourrait-il que certaines des caractéristiques mentionnées appartiennent à un être humain dans ce qu'il a d'universel, en tant qu'il est placé sous l'universel "être humain"?

En d'autres mots, est-ce contingent pour un être humain de posséder les caractéristiques en question? Est-ce que cela dépend en effet de circonstances particulières qui parfois sont présentes, parfois ne le sont pas? Ou au contraire, est-ce nécessaire pour tout être humain (ou à peu près) de posséder les caractéristiques en question?

Considérez les caractéristiques suivantes, parmi celles que mentionne l'auteure :

Est-il nécessaire ou contingent pour l'être humain de les posséder?

 

Solutionnaire #1

Problème 2

Les notions de nécessité et de contingence sont encore une fois touchées par l'auteure au début de la section suivante ("Le politique", pp.56-58). Lisez, plus particulièrement, les deux premiers paragraphes de la p.57.

L'auteure parle d'un "lien nécessaire qui existe entre les êtres humains".

Quel est ce lien?

Une fois ce lien nécessaire admis, où donc vient se glisser la contingence, dans le domaine politique?

Voyez-vous comment cette partie du texte repose sur l'opposition entre la nécessité et la contingence, et comment cette partie sert la conclusion générale de la section "Le politique"?

 

Solutionnaire #2

 


Solutionnaire

Solutionnaire - problème 1

Être social :

manifestement, cette caractéristique relève de l'universel ou de la nature humaine, et non pas de l'individu en tant que tel. L'auteure elle-même parle dans ce sens au premier paragraphe de la section "Le politique", à la p.56.

Caractéristique nécessaire, donc.

Être employé d'une entreprise :

quoique beaucoup d'individus soient employés d'une entreprise, cette caractéristique ne leur appartient pas du simple fait d'être humains, mais parce que, comme individus, ils ont été éduqués de telle ou telle manière, ils ont fait tels ou tels choix de carrière, ils ont grandi dans telle ou telle culture, etc.

Caractéristique contingente.

Être membre d'une famille :

si entend par là le simple fait biologique d'avoir un père et une mère, vivants ou pas après la conception, alors il faut parler d'une caractéristique nécessaire au genre humain. (Cela est vrai si on se limite à considérer la nécessité et la contingence purement naturelles, puisque, on le sait, la technique biologique moderne est à la veille, avec le clonage, de changer les données.)

Appartenir à un ordre professionnel :

caractéristique très semblable, pour la question ici considérée, au fait d'être employé d'une entreprise.

Caractéristique contingente.

Être membre d'un club :

caractéristique très semblable, pour la question ici considérée, au fait d'être employé d'une entreprise.

Caractéristique contingente.

Il est loin d'être évident, donc, que tous ces traits, comme semble le dire l'auteure, nous appartiennent "en tant qu'individus", en tant que choses singulières.


Solutionnaire - problème 2

Il est clair que pour l'auteure les êtres humains sont naturellement et nécessairement des êtres sociaux, c'est-à-dire des êtres qui vivent en société. Ce n'est pas une question de choix ou de circonstances particulières : tous les êtres humains ressentent ce besoin de vivre en groupe et vivent de fait en groupe (ou du moins survivent en dépendance plus ou moins directe d'un groupe, comme les ermites qui une fois rendus autonomes par l'éducation et les soins que d'autres humains leur ont donnés décident de s'isoler du groupe). Mais il est plus contingent, plus relatif aux époques et choix particuliers, que la société humaine soit organisée en État, en Cité, en système féodal, ou selon le mode libéral, démocratique ou totalitaire, pour reprendre les exemples de l'auteure.

L'auteure veut montrer, en bout de ligne, que les infirmières, comme tout autre professionnel ou carrément comme tout autre être humain, doivent s'intéresser d'une façon ou d'une autre à la politique : parce qu'en tant qu'être humains, elles sont naturellement et nécessairement liées à leurs semblables et à la collectivité, et parce qu'en tant qu'individus de telle époque précise elles doivent contribuer, par leurs choix, aux directions particulières que prend leur société particulière.

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