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« La limite de la réception dans la phénoménologie esthétique de Roman Ingarden » par Martine BÉLAND

Mercredi 30 mars, 15 h 30, (Pavillon Félix-Antoine-Savard, salle 413)

Résumé

La question de la réception peut recouvrir trois phénomènes, dans la mesure où la réception nomme : le processus de lecture comme étape incontournable pour l’accès à l’œuvre; l’expérience vécue de l’œuvre comme phénomène esthétique; et le fait sociologique qu’est la constitution d’un régime fondé sur une communauté des lecteurs ou sur une typologie des interprétations. Le philosophe Roman Ingarden se penche essentiellement sur les deux premiers phénomènes, mais il permet en outre de comprendre le troisième. Ingarden, toutefois, limite la réception comme phénomène esthétique à « l’œuvre purement littéraire », dont il exclut l’œuvre « scientifique » (à savoir l’œuvre à fonction « cognitive » ou informative, dont font partie les œuvres de philosophie). Ma communication veut interroger cette limite. Je le ferai, d’une part, au moyen d’une analyse de la thèse d’Ingarden sur la réception, telle qu’il l’a décrite dès 1931 dans L’œuvre d’art littéraire et par la suite dans différents essais publiés entre 1937 et la fin de sa carrière en 1970 (où sa définition de la réception est demeurée inchangée); et, d’autre part, au moyen d’une rencontre entre la définition ingardienne de la réception et la question de la réception telle qu’elle apparaît chez Nietzsche. Je proposerai ainsi que les propos de Nietzsche sur le langage et sur l’expérience vécue des idées complètent la thèse d’Ingarden sur le processus esthétique qu’est la réception en l’élargissant au domaine de la philosophie. J’espère ainsi, au minimum, interroger la portée et les limites des analyses d’Ingarden pour penser le processus de la réception en philosophie.

À propos de Martine Béland

Martine Béland est professeur de philosophie au Collège Édouard-Montpetit à Longueuil, et chercheure associée au Centre canadien d’études allemandes et européennes de l’Université de Montréal. Ses recherches et ses publications portent essentiellement sur Nietzsche, et plus précisément sur sa réception par ses contemporains, sur son esthétique et sur sa pratique d’écriture. Elle a publié récemment deux livres aux Presses de l’Université de Montréal : Kulturkritik et philosophie thérapeutique chez le jeune Nietzsche (2012) et Lectures nietzschéennes (2015). Elle est en outre rédactrice en chef de la revue canadienne de phénoménologie et d’existentialisme PhænEx.

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