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« Un autre "Grand Partage" - repensez la nature sauvage à l’heure de l’Anthropocène » par Virginie Maris

Jeudi 16 mars 2017, 15 h 30, (Pavillon Félix-Antoine-Savard, salle 813)

Résumé

Face au constat communément relayé dans les discours environnementalistes que la Terre est entrée dans une nouvelle ère, l’Anthropocène, caractérisée par l’influence généralisée des activités humaines sur l’ensemble des systèmes océaniques, terrestres et atmosphérique, le concept de nature et plus encore celui de nature sauvage semblent désuets. Mon objectif dans cette présentation est de plaider en faveur de la reconnaissance et de la valorisation de la nature pensée dans son altérité radicale : une nature « toute autre », libre, indépendante des influences et des intérêts humains, une nature sauvage.  Dans un premier temps je mettrai en doute la centralité du « Grand Partage » que Philippe Descola considère comme un pilier de la vision du monde occidentale. Dans un second temps, je montrerai que la pensée assez consensuelle d’un continuum entre le naturel et l’artificiel ne permet pas de s’affranchir d’un travail de qualification et de reconnaissance de la nature sauvage. Dans un troisième temps, je défendrai l’idée d’un autre Grand Partage, qui ne soit pas essentiellement entendu comme une grande séparation mais aussi et surtout comme une grande redistribution.

À propos de Virginie Maris

Virginie Maris est chargée de recherche au CNRS. Elle travaille au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE – UMR 5175) à Montpellier en philosophie de l’environnement et est actuellement chercheuse invitée au Centre de recherche en éthique (CRE) à Montréal. Ses travaux portent sur les enjeux épistémologiques et éthiques de la conservation de la biodiversité. Elle est l’auteure d’une trentaine d’articles scientifiques sur la biodiversité, le développement durable, l’écoféminisme, les espèces non-indigènes, l’économie environnementale, les services écosystémiques ou la compensation écologique. Elle est également l’auteure de Philosophie de la biodiversité – petite éthique pour une nature en péril (Buchet-Chastel, 2de édition en 2016) ainsi que de Nature à vendre - les limites des services écosystémiques (Quae, 2014). Chargée de recherche au CRE, Virginie Maris travaillera sur un projet intitulé Penser la nature dans l’Anthropocène

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