Logo Université Laval Logo Université Laval
EN

« La dialectique aristotélicienne » par Laurence GODIN-TREMBLAY

Résumé

Certains commentateurs jugent très sévèrement les Topiques et la dialectique aristotélicienne en général, parfois au point de ne voir dans les Topiques qu’un « tas de briques », qu’une « mosaïque d’éléments juxtaposés, indépendants les uns des autres ». Le traité d’Aristote sur la dialectique réglerait « un sport ou un jeu auquel personne ne joue plus. » En désaccord, j’entends manifester le sens et la pertinence de la dialectique aristotélicienne, en éclaircissant quelques-unes de ses notions clés : la dialectique elle-même,
l’endoxe, l’instrument et le lieu.

La conception aristotélicienne de la dialectique ne se laisse pas cerner aisément, car les Topiques se veulent plus pratiques que théoriques. Dégager la théorie sous-jacente implique un regard sur la littérature secondaire, mais surtout sur l’usage qu’Aristote fait lui-même de la dialectique dans ses traités majeurs.

« Les mots n’évacuent jamais complètement les significations successives qu’on leur a attribuées au cours des âges. De là, de vagues échos contradictoires quand nous entendons parler de dialectique […] ». En effet, parler de dialectique ne va pas sans une certaine ambiguïté. De Platon à Aristote, puis d’Aristote à Hegel, la dialectique prend des formes et des sens différents. Même à propos de la seule dialectique aristotélicienne, les opinions divergent.