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« Obama : l’hésitation d’un président ou le déclin d’un empire? » par Soheil KASH

Jeudi 7 avril, 19 h à 21 h, (Pavillon Félix-Antoine-Savard, salle 413)

Résumé

Avec l’effondrement de l’Union soviétique qui faisait le contrepoids dans l’équilibre des puissances pendant la guerre froide, les États-Unis sont devenus, depuis 1991, la première puissance véritablement planétaire et universelle. Certains analystes américains et surtout démocrates évitent d’employer le terme d’empire pour désigner un état de fait qu’ils veulent préserver de ses mauvaises connotations européennes (empires britannique, français, ou allemand), alors que d’autres, comme Antonio Negri et Michael Hardt, emploient le terme empire mais pour le distinguer des empires européens modernes.

À l’encontre de Negri et Hardt, qui considèrent qu’aucune nation ne sera désormais puissance mondiale comme les nations de l’Europe moderne l’ont été, le même démocrate Brzezinski, plus mêlé à la politique étrangère américaine et aux relations internationales que les deux théoriciens de l’empire décentré, considère que l’Eurasie reste l’échiquier sur lequel se déroule la lutte pour la domination mondiale. On peut récapituler les points essentiels qui déterminent le débat actuel sur le concept d’empire : 

Le nouvel ordre mondial du XXIe siècle se caractérise par la suprématie des États-Unis comme superpuissance unique qui n’a pas de rival potentiel à court terme, et qu’on appelle empire. Cet empire à l’ère de la globalisation n’est pas décentré comme l’affirment certains analystes. Il s’agit bien de l’empire américain, même si cet empire s’insère dans le cadre global de la suprématie occidentale. L’Europe est loin de pouvoir jouer à court terme le rôle d’un contrepoids politique et militaire à la place de l’Union soviétique pendant la guerre froide. Comme tous les empires qui l’ont précédé, l’empire américain au sommet de sa puissance se trouve confronté à des défis et des révoltes venant justement du dehors de ses frontières : le printemps arabe constitue cette fois-ci l’Événement qui est peut-être en train de reconfigurer le nouvel ordre international en acculant les États-Unis à reculer devant les grandes décisions à prendre. Le Printemps arabe est-il en train de précipiter l’automne américain et d’annoncer le retour de la Russie comme acteur principal sur la scène internationale? Ou est-ce l’hésitation du président américain actuel qui a créé un vide politique à travers le monde que la Russie est venue remplir? 

À propos de Soheil Kash

Soheil Kash est professeur associé à la Faculté de philosophie de l’Université Laval depuis 1998. Il a obtenu son doctorat auprès du philosophe François Châtelet à l’Université Paris VIII en 1980. Il a été professeur de philosophie politique et de sciences politiques à l’Université libanaise de 1976 à 2002. Il a publié plusieurs ouvrages en français et en arabe dont Au commencement était la Mumanaa: introduction à la philosophie politique (1980); Convaincre: discours de répression (1993); et en codirection avec Marie-Hélène Parizeau: Pluralisme, modernité et monde arabe (2001); De l’inégalité dans le dialogue des cultures: mondialisation, santé et environnement (2005); Néoracisme et dérives génétiques (2006); À chacun son développement durable (à paraître en 2016). Il prépare actuellement un ouvrage sur le printemps arabe.

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