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« Euripide et le problème de l’“athéisme” à l’époque classique. Une question mal posée. » par Adrian MIHAI

Mardi 3 novembre, 11 h 30 à 12 h 20, (Pavillon Félix-Antoine-Savard, salle 413)

Résumé

Cette conférence s’intéresse aux débats qu’entourent encore les tragédies d’Euripide au sujet de sa critique de la mythologie traditionnelle. La majorité des historiens et philologues choisissent soit entre un Euripide « rationaliste » soit un Euripide « irrationaliste », soit, enfin, un Euripide entre-deux, qui n’est ni l’un ni complètement l’autre. À cette question mal posée, on essaiera d’y répondre par une analyse de la notion d’« athéisme » à l’époque classique. Comme tous les penseurs de son temps, Euripide a tenté aussi de répondre, à travers ses personnages, à trois questions, ou du moins de les adresser dans ses drames : (1) l’histoire des dieux, telle que Homère et Hésiode l’ont contée, est-elle vraie ? ; (2) Les dieux s’intéressent-ils à l’humanité ? ; (3) Les dieux existent-ils vraiment ? En ce qui concerne la dernière question, était-il possible d’être « athée » au Ve siècle avant J.-C. au sens où nous l’entendons de nos jours ? De plus, à supposer qu’un penseur pût devancer les siècles, sa pensée resterait à bon droit, en son propre siècle, impénétrable et sans portée, telle la doctrine de Critias à propos des dieux. Autant il importe de comprendre de quelle manière un homme du Ve siècle pouvait être irréligieux, il est d’autant plus nécessaire d’éviter là-dessus tout anachronisme. Et d’abord, comment Euripide a-t-il été compris par ses contemporains, par les plus informés d’entre eux ? D’où l’importance de définitions claires et d’analyses de textes pertinents.

À propos d'Adrian Mihai

Adrian Mihai est chercheur postdoctoral en philosophie à l’Université Laval ainsi que chercheur associé au Laboratoire d’études sur les monothéismes (LEM-CNRS, Paris) et au projet Partenariat sur l’Héritage critique de l’Antiquité.

Affiche disponible