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Le respect, rien de moins.

 

 

« Arnoul de Provence et le triple logos de l’al-Fārābī latin. » par Claude Lafleur

Mercredi 23 novembre, 11 h 30 à 12 h 20, (Pavillon Félix-Antoine-Savard, salle 413)

Résumé

Le thème du langage mental est célèbre en philosophie. Encore assez récemment (C. Panaccio, Les Mots, les concepts et les choses. La sémantique de Guillaume d’Occam et le nominalisme d’aujourd’hui, 1991 ; Le Discours intérieur de Platon à Guillaume d’Ockham, 1999), on a fait dialoguer sur ce point Ockham et Fodor, en plus de manifester, avec clarté et pénétration, la longue durée antique et médiévale du tandem notionnel « langage intérieur » (logos endiathetos, littéralement « discours disposé à l’intérieur ») et « langage extérieur » (logos prophorikos, littéralement « discours proféré »). Concernant la scolastique universitaire du XIIIe siècle, on ajoute un détail à ce riche portrait en mettant au jour le fait que la reprise de l’al-Fārābī latin dans la Division des sciences (vers 1250) du maître ès arts de Paris Arnoul de Provence (Arnulfus Provincialis) ne traite pas seulement du logos intérieur et du logos extérieur, mais suppose bien plutôt, conformément à sa source, une doctrine triadique du logos — une mise au jour qui s’accomplit en comparant les leçons des deux manuscrits complets de la Divisio scientiarum arnulfienne avec les diverses versions ou adaptations latines tolédanes du XIIe siècle (De scientiis par Gérard de Crémone ; De scientiis, De divisione philosophiae par Dominicus Gundissalinus) de l’Iḥṣāʾ al-ʿulūm (l’Énumération des sciences), essentiellement quant à deux passages contigus de ce traité de Fārābī. Une fois les difficultés philologiques maîtrisées, on conclut en suggérant une nuance interprétative susceptible d’éviter une redondance problématique dans l’explication du triple logos farabien rigoureusement rapproché de la tripartition du logos philosophique chez Jean Damascène par Panaccio dans Le Discours intérieur, avec une compréhension de cette dernière toutefois différente de l’interprétation d’un Thomas d’Aquin fidèle à Albert le Grand.

À propos de Claude Lafleur 

Claude Lafleur est professeur de philosophie médiévale à la Faculté de philosophie de l'Université Laval. 

Affiche disponible 

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