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« La doctrine "aristotélicienne" du destin (Alexandre dʼAphrodise, De fato, chap. 6) » par Isabelle Koch

Jeudi 23 novembre 2017, 11 h 30 à 12 h 20, (Pavillon Félix-Antoine-Savard, salle 413)

Résumé

Au début de son De fato, Alexandre annonce au lecteur que son livre a pour objet d’exposer « la doctrine d’Aristote concernant le destin et ce qui dépend de nous ». Face à cette annonce, il a maintes fois été relevé qu’Aristote n’a élaboré aucune doctrine du destin, et que, de façon plus générale, l’école d’Aristote est celle qui semble le moins s’être intéressée à cette question, même lorsque le développement du stoïcisme en a fait un thème philosophique de premier plan (contrairement par exemple aux platoniciens, qui ont produit une doctrine du « destin conditionnel »). L’entreprise d’Alexandre, en ce sens, peut être vue comme un effort pour combler un vide théorique et formuler une position aristotélicienne sur un thème jusque-là délaissé. Pourtant, le De fato est le plus souvent lu pour ce qu’il nous apprend de la théorie stoïcienne du destin (dans la pars destruens, la plus longue, du traité), et non pour la doctrine péripatéticienne élaborée dans les premiers chapitres : dans l’introduction à sa traduction anglaise du traité, Robert Sharples confesse ainsi que ce n’est pas la théorie alexandrinienne du destin qui pourra intéresser le lecteur, mais plutôt sa polémique contre les déterministes. Cette théorie est pourtant digne d’intérêt : car elle fournit un exemple passionnant du travail d’actualisation exégétique par lequel Alexandre, dans ses œuvres dites personnelles, cherche à construire des réponses aristotéliciennes à des questions qu’ignorait l’époque d’Aristote. Ma communication présentera quelques aspects de cette actualisation en travaillant sur le chapitre 6 du De fato.

À propos d'Isabelle Koch

Isabelle Koch est maître de conférences au Département de philosophie de l'Université Aix-Marseille (CNRS).

Affiche disponible 

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