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Soutenance de thèse de monsieur Sylvain Tshikoji Mbumba

31 mars 2017

Le vendredi 31 mars 2017 à 9 h 30 (salle 413 du pavillon Félix-Antoine-Savard)

Titre de la thèse : « La  quête du bonheur partagé à travers la triade éthique africaine Luba-Kasaï »

Le vendredi 31 mars 2017 à 9 h 30 (salle 413 du pavillon Félix-Antoine-Savard)

PRÉSIDENT 

Monsieur Michel SASSEVILLE, professeur
Faculté de philosophie, Université Laval

EXAMINATEURS

Monsieur Thomas De Koninck, directeur de thèse
Faculté de philosophie, Université Laval 

Monsieur Luc Langlois, examinateur
Faculté de philosophie, Université Laval

Monsieur Jean-François de Raymond, examinateur externe
Université Paris X, Nanterre

Monsieur Emongo Lomomba, examinateur
Département d’anthropologie, Université de Montréal

Résumé

Trois tendances polarisent le débat philosophique en Afrique. La première tendance considère la redécouverte des traditions et coutumes africaines comme la seule voie pour faire advenir le développement et le bien-être des peuples. Cette position est apparue dogmatique pour autant qu’elle fonde sa démarche sur des cultures repliées sur elles-mêmes. La deuxième tendance, elle, proclame le vide de la rationalité et de la pensée dans les traditions africaines, et annonce par-là la conversion à la science et à la technologie occidentale. Cette position est aussi dogmatique parce qu’elle nie à l’Afrique toute forme de rationalité. La troisième prend la voie de la réconciliation entre la tradition et la modernité, en mettant à l’avant-plan le dynamisme des cultures africaines porté par le souci d’ouverture et d’intégration des schèmes de progrès de la modernité. Pour les tenants de cette tendance donc, la tradition et la modernité doivent s’interpréter et s’impliquer mutuellement pour une vitalité sans faille. Mais à bien voir la question, ce débat est demeuré théorique et les différentes tendances ont éludé la vraie question de l’existence humaine des peuples africains qui, à notre sens, reste celle du bonheur partagé. Ces tendances auraient dû partir des cas concrets tirés des traditions et coutumes africaines pour étoffer une philosophie cohérente susceptible de faire hâter le développement et le bien-être des peuples.

Concret et pratique, le présent travail propose une réflexion sur l’éthique du bonheur partagé cultivée par le peuple Luba-Kasaï, avec ses implications sociales et politiques dans la vie de tous les jours. L’enjeu consiste à montrer que, chez le peuple Luba-Kasaï, la visée éthique de l’existence humaine est le bonheur. Loin d’être individuelle, la quête du bonheur partagé concerne aussi toute la communauté (famille, clan, village) et passe par les médiations institutionnelles et symboliques. Car pour être possible, le bien-vivre doit dépasser le face à face des relations individuelles et s’étendre à la dimension transpersonnelle, sociale et institutionnelle. Cette perception du bonheur régit l’organisation sociale, notamment en permettant à chaque membre de s’accomplir socialement, en favorisant la participation de tous à la gestion de la Cité et du bien commun. Ce qui nécessite l’instauration des structures politiques et sociales adéquates, respectueuses des droits, de la dignité humaine et des libertés. Ce travail a aussi comme objectifs de montrer que l’avènement du bien-être de l’Afrique ne dépend pas uniquement du processus de conversion au modèle occidental comme le seul dont l’Afrique ait besoin pour son développement. Il s’agit de montrer la nécessité de la voie de la réconciliation capable d’articuler dynamiquement la modernité occidentale et la tradition africaine, le principe d’ouverture, d’intégration et d’universalisation permettant l’enrichissement dans la réciprocité ; montrer, à partir de la culture luba-kasaï, que dans les pays africains, chaque culture doit trouver les socles éthicophilosophiques du développement harmonieux et d’une heureuse organisation étatique.

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