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Appel à communications

Mardi 28 et mercredi 29 mars 2017, Université Laval. 

Responsable : Marie-Hélène Parizeau, professeur à la faculté de philosophie de l’Université Laval et Présidente de la COMEST (commission mondiale de l’éthique des connaissances scientifiques et des technologies) de l’UNESCO.

Problématique

Les robots se diversifient et alors qu’autrefois, ils étaient cantonnés à l’espace cognitif/scientifique et productif, des laboratoires ou des usines, ils sont maintenant visibles dans l’espace public et politique, mais aussi dans l’espace intime et affectif  de multiples façons : des drones dans les conflits armés mais aussi dans l’agriculture, le robot dans les magasins pour remplacer les travailleurs, des robots humanoïdes pour interagir avec des enfants autistes ou donnant des soins à des personnes âgées, etc (Royakkers, van Est, 2016; Dumouchel, Damiano, 2016)1. En parallèle, les scientifiques continuent à explorer d’autres avenues : nanorobots, implants cérébraux, exosquelette, etc. Même si la « mécanisation » de l’humain est dénoncée depuis longtemps, le processus semble s’être accentué de manière inédite : l’humain n’est pas seulement comme une machine mais il peut maintenant à son tour « devenir un robot » par toutes sortes d’artifices (Gunkel, 2012; Carr, 2014)2.

Les questions éthiques, juridiques et politiques sont multiples et incitent à réfléchir aux inter-actions avec les robots suivant deux grands axes d’approfondissement :

1) Quelles sont les transformations socio-culturelles induites par les robots ? Avec comme sous-thèmes : les modes d’inter-action humain-robot, la responsabilité éthique des roboticiens et des fabricants dans la programmation des robots; les transformations du travail par les robots; la surveillance généralisée; le développement durable.

2) Que changent les robots dans notre rapport à nous-même et à la nature ? Le premier axe a une visée plus normative et pratique. Plusieurs éléments méritent d’être examinés :  quelles sont les responsabilités éthique et juridique des roboticiens et des fabricants ? Sur quels critères peut s’établir ces responsabilités – la traçabilité, le niveau d’autonomie du robot, sa capacité de blesser ou de tuer un être humain ? Comment la présence des robots remplaçant certains types de travail modifie notre relation au travail ? Quand et pourquoi le robot remplace-t-il l’être humain et à partir de quels critères – l’efficacité, la précision, la disponibilité, la puissance-? Dans quelle mesure les robots de service favorisent-ils les comportements de consommation au détriment des comportements individuels productifs/créatifs ? 

Dans les professions soignantes, le robot peut-il remplacer un soignant ou a-t-il davantage un rôle complémentaire à la relation de soin ? Qu’en est-il de l’empathie artificielle ? Peut-on programmer l’éthique ? L’utilisation des robots dans des rôles de surveillance, des lieux publics à l’intimité de la maison, implique-t-il aussi l’extension de la surveillance des citoyens par l’État ? La construction des robots est-elle compatible avec le développement durable et l’économie circulaire en termes d’énergie consommée, d’utilisation de méga-données, de cycle de vie ? La multiplication des usages des robots n’aggrave-t-elle pas la dépendance technologique des pays du Sud ?

Le deuxième axe possède des dimensions plus théoriques et philosophiques en questionnant ce que les robots changent dans notre relation à nous-même et à l’environnement avec trois thématiques. Tout d’abord, la conception de l’être humain et du vivant est posée à partir du trans-humanisme qui est sous-jacent au développement des robots. Ensuite, les enjeux de l’hybridité humain-machine sont déjà présents comme le montre, les implants neurologiques et les nanorobots. Enfin, les robots et leur multiplication dans la vie quotidienne des gens transforment la relation de l’être humain à la nature, c’est-à-dire aux êtres vivants naturels dont les animaux, en venant modifier certaines catégories ontologiques et frontières métaphysiques.

Ce colloque interdisciplinaire et international vise à prolonger et à développer les résultats des échanges de la collaboration avec le groupe de travail de la Commission mondiale de l’éthique sur les connaissances scientifiques et les technologies (COMEST) de l’UNESCO lors de l’atelier intitulé « Machines morales : développements et relations. Nanotechnologies et hybridité »  qui s’est tenu à Paris à l’UNESCO les 18 et 19 mai 2016. Le colloque international « Robots et sociétés : quelles transformations ? Quelles régulations ? »  a pour but de s’ouvrir à un public plus large, davantage multidisciplinaire. Il élargit la réflexion sur l’éthique des robots amorcée lors de l’atelier de Paris avec la COMEST en la portant vers les dimensions sociales, culturelles, juridiques et politiques. 

L’objectif est de mettre en œuvre un  dialogue interdisciplinaire en réunissant des spécialistes reconnus, de diverses disciplines, des théoriciens de la philosophie de la technique (Peter-Paul Veerbeck de l’Université de Twente; Jean-Michel Besnier de l’Université de Paris-Sorbonne) des philosophes en éthique (Catherine Larrère de l’Université de Paris1; Marie-Geneviève Pinsart de l’Université libre de Bruxelles, Vanessa Nurock de l’Université de Paris 8) des praticiens et des chercheurs (Jean-Marc Lévesque, neurochirurgien, Marseilles; François Berger neuro-oncologue à l’INSERM; Alexandre Pitti, roboticien, Université de Cergy-Pontoise; John Finney physicien, Conférences Pugwash, UNESCO ), ainsi que des responsables politiques et universitaires.

Appel à communications 

Veuillez envoyer votre résumé de 200 à 300 mots avec votre nom et votre affiliation avant le 28 février 2017 à l’attention de Marie-Hélène Parizeau à l'adresse suivante : marie-helene.parizeau@fp.ulaval.ca

Les étudiants gradués sont particulièrement invités à participer à ce colloque et à soumettre un résumé. Les résultats vous seront communiqués le plus rapidement possible et au plus tard le vendredi 3 mars. Les propositions seront sélectionnées en fonction des thèmes de la problématique. Le temps pour la communication est de 20 minutes.

Il est aussi possible d’assister au colloque : l’inscription au colloque est gratuite. Il s’agit simplement de s’inscrire auprès de Mathieu Gagnon, assistant de recherche, à l'adresse suivante : mathieu.gagnon.6@ulaval.ca

Les langues du colloque sont le français et l’anglais.

Le colloque est financé par:

  • Le CRSH (Conseil de recherche en sciences humaines du Canada).
  • L’UNESCO
  • La Faculté de philosophie de l’Université Laval
  • L’Institut d’éthique appliquée de l’Université Laval (IDEA)
  • La Chaire de philosophie dans le monde actuel de l’Université Laval
  • Le Vice-rectorat à la recherche de l’Université Laval
  • L’Institut Hydro-Québec, Environnement, développement et société (EDS) de l’Université Laval.
  • Le Centre de recherche en éthique publique et gouvernance de l’Université St-Paul, Ottawa.

. Royskkers Lamber, van Est Rinie, 2016, Just ordinary Robots. Automation from love to war, Boca Raton, CRC Press.
. Dumouchel Paul, Damiano Luisa, 2016, Vivre avec les robots. Essai sur l’empathie artificielle, Paris, Le Seuil.

. Carr Nicholas, 2014, The Glass Cage. How our computers are changing us,  New York, Nortom Compagny
. Gunkel, David, 2012, The machine question. Critical perspectives on AI, Robots, and Ethics, Cambridge MIT Press.

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