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Atelier « Historialité et temporalité en théorie queer »

Depuis le tout début de la discipline, la théorie queer a toujours été plus que la simple étude des genres sexuels ou de l’orientation sexuelle. La spécificité de la théorie queer, et ce qui la distingue des études gay et lesbienne, est son rapport privilégié avec une critique profonde des valeurs valorisées par la société hétéronormative. Par cette dénomination « hétéronormative » - terme mis de l’avant par Michael Warner - la théorie queer ne vise pas à critiquer l’hétérosexualité, mais elle cherche plutôt à mettre en doute le mode de vie qui se rattache le plus souvent à une pratique (famille, reproduction, travail, etc.). Ce contre quoi se fonde les études queer est le mode de vie qui passe pour être la norme et qui s’enracine dans une pratique sexuelle particulière (hétérosexuelle). Ce que nous aimerions faire ressortir dans cet atelier est un des éléments essentiels au mode de vie hétéronormatif : la dimension temporelle. Comme nous le rappelle Judith Halberstam dans son ouvrage In a Queer Time and Space (2005) : « Le temps de la reproduction et de la famille est, par-dessus tout, un temps […] hétéronormatif construit. » (p. 10) Nous tenterons de démontrer, dans un premier temps, les conséquences de cette construction de la temporalité hétéronormative ou, pour reprendre le concept formé par Elizabeth Freeman, de la chrononormativité. Dans un deuxième temps, nous entreprendrons l’étude d’une temporalité queer, c’est-à-dire d’une temporalité qui se déploie au-delà de la temporalité hétéronormative. Pour mener à bien cette étude, nous privilégierons le rapport qu’entretient la théorie queer à l’histoire et nous nous demanderons de quelle manière une historialité queer est possible.

Docteur en philosophie à l’Université Laval, Olivier Ducharme a rédigé une thèse intitulée Michel Henry et le problème de la communauté. Soi, communauté, habitus. En plus de s’intéresser de près à la philosophie française contemporaine (Michel Henry, Jacques Derrida, Emmanuel Levinas, Jean-Luc Nancy, Pierre Bourdieu, Georges Didi-Huberman), il poursuit des recherches en théorie queer et en cinéma. Il est l’auteur de quelques articles : « Condition sociale et affectivité culturelle » in (Re)lire Michel Henry : la vie et les vivants, dir. G. Jean, N. Monseu et J. Leclercq, Louvain, Presses Universitaires de Louvain, 2012, pp. 251-255; « Le concept d’habitus chez Michel Henry » in Journal of French and Francophone Philosophy, vol. 20, no. 2, 2012, pp. 42-56; « Pierre Perrault ou le sens du merveilleux » in Phénoménologie du merveilleux, dir. Schallum Pierre, Québec, Presses Universitaires du Québec, 2011, pp. 157-175.

Tous les étudiants et tous les professeurs sont très cordialement invités à assister à cet atelier.

Pour information, secrétariat de la Faculté de philosophie : 418 656-2244

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