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Colloque Shakespeare III

12 h 30 

Mot de bienvenue  

12 45

« All the world's a stage »
Shakespeare et le discours mélancolique sur le monde
Par SIMON PELLETIER 

« All the world's a stage » – ces mots tirés de As you like it commencent un des monologues les plus célèbres de Shakespeare. Parce qu’ils frappent l’imaginaire, ces derniers sont parmi les plus cités de l’œuvre du poète. Peut-être cependant les rapporte-t-on le plus souvent avec légèreté, oubliant le jugement très lourd que le personnage de Jacques porte alors sur l’existence humaine –une existence folle et vaine, qu’on traverse de manière aveugle. Peut-être aussi se trompe-t-on en associant hâtivement le sens de ces paroles avec la pensée de Shakespeare lui-même sur la vie que nous menons. Autrement dit, pour bien comprendre ce passage qui a traversé les siècles jusqu’à nous, il est nécessaire de se demander si Shakespeare est d’accord avec son personnage. La mélancolie de celui-ci face au monde est-elle justifiée ? Citer Jacques le mélancolique, est-ce citer Shakespeare ?  

13 h 30

« It is requir'd you do awake your faith »
La foi en l’autre
Par MAXIME VACHON

La pièce Pericles, Prince of Tyr (1607-1608) amorce un tournant dans le théâtre de Shakespeare en préparant Cymbeline (1609), The Winter's Tale (1610) et The Tempest (1610-1611), autant de pièces qui abordent des possibilités humaines nouvelles, exclues du monde tragique dont elles émergent et qu’elles surmontent : la naissance et la renaissance. Car la temporalité des romances, contrairement à celles des tragédies, ne prend pas la forme unilatérale (irréversible) de l’action (le « what’s done cannot be undone » de Lady Macbeth), mais bien plutôt la forme circulaire (cyclique) de la nature. Mais dans The Winter’s Tale tout spécialement, la renaissance ne se déploie pas seulement dans l’élément de la nature, mais tout autant dans celui de la foi et de la grâce. Entre la voie de la Nature et la voie de la Grâce, c’est cette dernière que nous emprunterons, suivant ainsi Léontes sur le chemin du repentir et du pardon.          

14 15

« Can no prayers pierce thee ? »
Les limites du politique dans le Marchand de Venise
Par ANTOINE PAGEAU ST-HILAIRE 

Shakespeare a écrit deux pièces dont les histoires se déroulent à Venise ou autour de Venise. Le Marchand de Venise, une comédie, fut probablement écrite entre 1596 et 1597, soit sept ou huit ans avant la tragédie du maure de Venise, Othello. Venise, à l’époque, est réputée pour être une République des plus libérales par sa tolérance vis-à-vis des étrangers. Mais Othello et le Marchand de Venise sont deux pièces qui posent, entre autres choses, le problème politique de la tolérance. Venise est-elle vraiment capable de tolerance ? Quelles en sont les limites ? Plus largement, nous proposerons une interprétation politique du Marchand de Venise qui, partant du contexte aporétique d’une communauté de Chrétiens et de Juifs, tâche de montrer les limites du politique et les solutions que propose Shakespeare à un tel problème.  

15 h

« The eye of mind »
Le rôle de l'art dans The Rape of Lucrece de Shakespeare
Par JÉRÔME PEER-BRIE

À la lecture du poème long, The Rape of Lucrece, le lecteur est convié à réinterpréter l'un des récits les plus célèbres de l'Antiquité. À l'instar de ses prédécesseurs, tels que Tite-Live et Ovide, Shakespeare nous présente l'histoire lamentable de Lucrèce, triste victime d'un homme assoiffé de désir, Tarquin le Superbe, qui signe par son geste criminel la fin d'un monde, celui de la monarchie romaine, annonçant ainsi l'avènement d'un nouvel ordre politique. À l'intérieur de ce cadre, le poète anglais nous propose une réflexion sur l'art, qui s'avère inédite si l'on compare son ouvrage aux sources qui l'ont inspirées. La question qui s'impose alors est la suivante : Quelle leçon devons-nous tirer de cette réflexion et en quoi peut-elle nous aider à mieux saisir la spécificité du poème de Shakespeare ?

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