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Conférence « Défense et illustration d’une archéologie du sujet »

Monsieur Alain de Libera, Professeur au Collège de France, prononcera, suivie d'une période de questions, une conférence intitulée :

Défense et illustration d’une archéologie du sujet 

C’est en 1999, dans L’Art des généralités, que j’ai utilisé pour la première fois l’expression d’archéologie philosophique, par laquelle je définis aujourd’hui l’ensemble de mon travail. La référence à Foucault était évidente. L’objet de la conférence est d’en préciser l’origine, la nature et la portée. C’est Kant qui a introduit la formule, a parlé le premier d’« histoire a priori » et invoqué l’idée d’une « histoire philosophique de la philosophie » entendue comme philosophische Archäologie, autrement dit, selon le mot de Foucault, comme l’« histoire de ce qui rend nécessaire une certaine forme de pensée ». Comme l’entend l’auteur de l’Archéologie du savoir, ce programme consiste à s’attacher en histoire aux « conditions de possibilité », à ce qui fait arriver ce qui arrive, et à ce titre n’arrive pas lui-même. D’où le projet, tracé dès 1966, dans la « Préface » des Mots et des choses : déterminer « à partir de quoi connaissances et théories ont été possibles ; selon quel espace d’ordre s’est constitué le savoir ; sur fond de quel a priori historique et dans l’élément de quelle positivité des idées ont pu apparaître, des sciences se constituer, des expériences se réfléchir dans des philosophies, des rationalités se former pour, peut-être, se dénouer et s’évanouir bientôt ». Dès mes premiers travaux d’histoire de la logique, j’ai fait mien ce programme. Mais, au prix d’une certaine adaptation des notions foucaldiennes d’« épistèmê », de « champ de présence » et d’« a priori historique » : grâce à l’introduction de la notion de « complexes constitués de questions et de réponses », empruntée au philosophe anglais Robin George Collingwood (1889-1943). L’archéologie philosophique ayant pour visée de décrire ce qui a conduit, dans le passé, la pensée à elle-même, la conférence présentera les outils et les procédures d’enquête mises en œuvre dans l’archéologie du sujet, thème actuel de mes recherches. Comment s’est constituée la notion de « sujet-agent » ? Sur quelle base, quels réseaux, schèmes conceptuels ou corps de principes, a-t-elle pu rencontrer celles du « moi » et de la « personne » ? D’où vient la notion moderne de « subjectivité » : telles sont quelques-unes des questions. « Mise en intrigue », « allongement du questionnaire », « chiasme du sujet et de l’objet », « dittographie de la (re)présentation » : telles sont quelques-unes des réponses. On s’efforcera de montrer comment les unes s’articulent aux autres.

Entrée libre

Bienvenue à toutes et à tous

Un cocktail suivra (vers 18 h)

Renseignements : Claude.Lafleur@fp.ulaval.ca

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