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Soutenance de thèse de Monsieur Jean-Sébastien HARDY

Titre de la thèse: « Phénoménologie des kinesthèses et ontologie du geste : constitutions originaires du monde et de la chair chez Husserl »

Samedi 14 juin 2014, 9 h, (Salle des Actes au Centre administratif de la Sorbonne - PARIS) 

Président

Monsieur Dominique PRADELLE
Université Paris-Sorbonne (IV) 

Examinateurs

Madame Sophie-Jan ARRIEN, directrice de thèse
Faculté de philosophie, Université Laval

Monsieur Jean-Luc MARION, directeur de thèse
Université Paris-Sorbonne (IV)

Monsieur Jean-François LAVIGNE, examinateur externe
Université Nice Sophia Antipolis

Madame Natalie DEPRAZ, examinatrice
(représentante de l’Université Laval)
Université de Rouen

Monsieur Dominique PRADELLE, examinateur externe
Université Paris-Sorbonne (IV)

Résumé

Cette thèse se donne pour tâche d’expliciter et de déployer, à partir de l’œuvre de Husserl, les diverses significations directrices du concept phénoménologique de mouvement qui, avec celui d’affectivité, aura déterminé le concept phénoménologique traditionnel de chair (Leib). En un premier temps, nous cherchons à préciser le contexte d’origine du concept de « kinesthèse », élaboré une première fois à l’été 1907 dans le cadre des leçons de Husserl sur la chose et l’espace. L’importance de cette découverte paraît alors tenir à ce que Husserl y découvre l’activité du Je jusque dans les couches les plus profondes de la sensibilité, permettant de cette façon de couper définitivement court à toute conception réceptive de cette dernière. En un deuxième temps, il nous apparaîtra nécessaire d’élargir la signification que possède le se-mouvoir dans la phénoménologie statique de la perception, afin de prendre en compte le mouvement en tant qu’action pratique du sujet dans divers horizons du monde (ergonomique, architectural, etc.). La lecture de certains textes relevant de la phénoménologie génétique d’une part et de celle de la constitution du monde primordial d’autre part semble alors permettre de parler d’une co-constitution pratique entre la mobilité de la chair et la choséité, et ainsi de considérer à neuf l’hypothèse d’une historicité de la chair. Dans un troisième et dernier temps, il s’agira d’opérer une radicalisation de la compréhension du mouvement de la chair, afin de la ressaisir comme « geste », c’est-à-dire non plus seulement comme officiant des projets intentionnels de l’ego, mais bien comme origine et support des structures cardinales du monde. La lecture croisée de divers textes tardifs de Husserl et de Heidegger nous permet alors de dégager une compréhension ontologique, et non plus strictement sensualiste ou pratique, de la mobilité de la chair. Au travers de ces études, le mouvement se révèle originairement impliqué dans les divers niveaux de la constitution de l’objectité (pratique, esthétique, juridique, etc.) et de la mondanéité (monde vécu, monde de la science, monde du travail, etc.), et l’apparaître semble devoir être pensé comme un certain appel adressé à la mobilité.

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