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Soutenance de thèse de Madame Ophélie DESMONS

Titre de la thèse: « Les présupposés du libéralisme : quelle justification ? John Rawls et l'hypothèse herméneutique »

Mardi 3 décembre 2013, 14 h, (local B2-273, Université Charles de Gaulle – Lille 3)

Président

Monsieur Christian Berner 
Université Charles de Gaulle - Lille 3

Examinateurs

Monsieur Jocelyn Maclure, directeur de thèse
Faculté de philosophie, Université Laval

Monsieur Patrice Canivez, directeur de thèse
Département de philosophie, Université Charles de Gaulle - Lille 3

Monsieur Christian Berner, examinateur
Département de philosophie, Université Charles de Gaulle - Lille 3

Monsieur Patrick Savidan, examinateur externe
Département de philosophie, Université de Poitiers

Monsieur Patrick Turmel, examinateur
Faculté de philosophie, Université Laval

Résumé

Pour de nombreux architectes du libéralisme politique contemporain, la neutralité constitue une caractéristique définitionnelle du libéralisme politique. Il est pourtant clair que ces nouvelles formulations du libéralisme ne sont pas exemptes de tout présupposé substantiel. Le libéralisme politique de Rawls, par exemple, accorde de la valeur aux notions de liberté, d'égalité et d'équité. Comment la présence de tels présupposés substantiels est-elle conciliable avec la prétention à la neutralité ?

Tel est le problème qui est à l'origine de ce travail de recherche. Pour le résoudre, un vaste travail d'explicitation des présupposés du libéralisme, et plus particulièrement du libéralisme politique de John Rawls, ainsi qu'une étude critique du terme « neutralité » ont été réalisés. Avec Rawls, contre une conception procédurale de la neutralité, je défends la neutralité des justifications et démontre qu'elle constitue la conception de la neutralité la plus plausible. Une justification neutre est définie comme justification fondée sur des conceptions communes, c'est-à-dire partagées.

Se pose alors la question de la justification de ces présupposés substantiels tenus pour communs. J'indique comment, chez Rawls, la question de la justification reçoit une réponse conceptuelle. Rawls résout cette question en soutenant une conception cohérentiste de la justification et en développant un certain nombre de concepts innovants, au premier rang desquels l'équilibre réfléchi, dont je défends une conception extensive.

Si puissants que soient ces outils conceptuels, dans la mesure où les présupposés du libéralisme sont considérés comme étant implicites dans la culture politique publique, ces présupposés semblent néanmoins appeler une autre forme de justification : une justification herméneutique. Si les présupposés du libéralisme sont le résultat d'une interprétation, il faut être capable de rendre raison de cette interprétation.

La deuxième partie de ce travail se met en quête d'une telle justification herméneutique, en se fondant sur l'hypothèse qu'elle est disponible dans les travaux que Rawls consacre à l'histoire de la philosophie : les Lectures on the History of Moral Philosophy et les Lectures on the History of Political Philosophy.

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