Logo Université Laval Logo Université Laval
EN

Soutenance de thèse de Monsieur Simon BOURGOIN-CASTONGUAY

Titre de la thèse: « Entre Histoire et Vérité : Paul Ricœur et Michel Foucault
Généalogie du sujet, herméneutique du soi et anthropologie »

Samedi 7 juin 2014, 9 h, (Salle des Thèses-Campus Centre, Université de Paris Est – Créteil)

Présidente

Madame Monique CASTILLO
Université Paris Est - Créteil

Examinateurs

Madame Sophie-Jan ARRIEN, directrice de thèse
Faculté de philosophie, Université Laval

Monsieur Frédéric GROS, directeur de thèse
Université Paris Est - Créteil

Monsieur Philip KNEE, examinateur
Faculté de philosophie, Université Laval

Madame Monique CASTILLO, examinatrice
Université Paris Est - Créteil

Monsieur Johann MICHEL, examinateur externe
Université de Poitiers et École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)

Résumé

Cette thèse cherche, par le biais des concepts d’histoire et de vérité, à placer en position de dialogue deux des plus grands philosophes français contemporains : Paul Ricœur et Michel Foucault. L’hypothèse avancée est que l’histoire du concept de subjectivité oscille entre la volonté de savoir et le désir de comprendre. Ces deux postures, irréductibles l’une à l’autre, inaugurent les deux méthodes à l’étude : une généalogie du sujet relevant d’une historicisation de la volonté de vérité (Foucault) et une herméneutique du soi érigée dans le besoin d’interpréter notre finitude (Ricœur). 

Alors que Ricœur élabore une anthropologie philosophique voulant prendre en charge la capacité interprétative de l’homme, Foucault développe pour sa part une critique de notre « âge anthropologique de la raison » (la modernité). Mais en dépit de cet écart apparent, tant l’herméneutique que la généalogie demeurent fondées dans une pensée de la finitude. Celle-ci motive une critique de la philosophie de l’histoire ainsi qu’une critique de son corollaire, la philosophie de la conscience : Foucault et Ricœur proposent ainsi deux images inversées d’une même problématisation historique du rapport à soi. 

Il s’agit en bref de poser la question de la subjectivité en évitant de la réduire à la « volonté de savoir » caractérisant les sciences humaines. La compréhension du rapport à soi passe avant tout par la reconnaissance, qui est ici tenue pour le fondement anthropologique de la subjectivation. Une analyse comparative des pratiques de véridiction (aveu, promesse, parrêsia) sert à cet effet de terrain commun sur le plan de l’éthique. Mais cette comparaison ne cherche pas la réconciliation. Il s’agit plutôt de relever, chaque fois, une tache aveugle rendant ces deux pensées complémentaires dans ce qui les oppose : faire jouer la distance, tel pourrait être le leitmotiv de cette recherche.

« Toutes les nouvelles