Penser la santé au‑delà de l’individu: retour sur une école d’été riche en perspectives
23 juillet 2026
Conférence: Penser la vaccination au-delà de l’individu: l’hésitation vaccinale et la santé globale
Lors de la première conférence, Ève Dubé, professeure au Département d'anthropologie, a invité le public à dépasser une lecture strictement scientifique de l’hésitation vaccinale.
Si la vaccination demeure un pilier de la santé publique, elle repose aujourd’hui sur un équilibre plus fragile. «La science seule ne suffit pas», a-t-elle rappelé, soulignant que l’enjeu se joue désormais dans les relations de confiance envers les institutions, les professionnels, mais aussi les proches et les communautés.
Ses travaux mettent en lumière une réalité nuancée: au Canada, une très faible proportion de la population refuse catégoriquement la vaccination, mais une grande majorité se situe plutôt dans une zone d’incertitude. Dans ce contexte, l’enjeu n’est pas tant le manque d’information que la manière dont celle-ci circule.
«La confiance est relationnelle et sociale», précise-t-elle, évoquant les écosystèmes informationnels où coexistent savoirs scientifiques, expériences personnelles et influences numériques. Une invitation à repenser les stratégies de santé publique à l’ère de la désinformation et à reconstruire des liens durables avec les citoyennes et citoyens.
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Table ronde: La santé durable
La table ronde, animée par Pierre-Olivier Méthot, doyen de la Faculté de philosophie, a donné lieu à un dialogue riche entre Jean‑Pierre Després, Guy Jobin et Diane Tapp, autour d’une idée centrale: la santé dépasse largement le cadre du système de soins.
Pour Jean‑Pierre Després, professeur au Département de kinésiologie et directeur scientifique du VITAM - Centre de recherche en santé durable, «le système de santé ne représente que 20% de la santé des populations». Les habitudes de vie, les conditions sociales et les milieux de vie jouent un rôle déterminant. Il plaide ainsi pour une mobilisation citoyenne et territoriale.
De son côté, Guy Jobin, professeur titulaire à la Faculté de théologie et de sciences religieuses, a ouvert une perspective originale en intégrant la dimension spirituelle à la réflexion sur la santé, en s’intéressant au sens de l’expérience humaine dans la maladie.
Enfin, Diane Tapp, professeure à la Faculté des sciences infirmières, a déplacé la réflexion vers les soins palliatifs et la fin de vie, rappelant que la santé doit aussi inclure la capacité d’accompagner la vulnérabilité et de renforcer les solidarités collectives.
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Conférence: La santé à l’ère de l’Anthropocène
Avec Marie‑Hélène Parizeau, professeure à la Faculté de philosophie, la réflexion s’est élargie à l’échelle planétaire. Revenant sur la définition de la santé de l’OMS, elle a mis en lumière ses limites face aux défis contemporains.
Deux visions se dessinent: l’une tournée vers l’optimisation individuelle, l’autre vers une approche écocentrique, qui inscrit la santé dans l’interdépendance entre humains, animaux et environnement.
Dans un contexte marqué par l’Anthropocène, «la santé humaine ne peut être dissociée de celle des écosystèmes». Un constat qui appelle à des choix collectifs et politiques.
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Une réflexion appelée à se poursuivre
Comme le souligne Pierre‑Olivier Méthot, doyen de la Faculté de philosophie: «cette école d’été montre toute l’importance de créer des espaces de réflexion pour mieux comprendre les grands enjeux contemporains. L’interdisciplinarité y est essentielle, en permettant de croiser des perspectives philosophiques, scientifiques, sociales, éthiques et environnementales. Penser la santé aujourd’hui, c’est en saisir toute la complexité, de l’individu jusqu’à la planète.»