Une nuit au musée de la philosophie: quand la réflexion devient expérience

3 décembre 2025

À l’occasion de la Journée mondiale de la philosophie de l’UNESCO, le Morrin Centre s’est métamorphosé, le 20 novembre dernier, en un musée éphémère pour l’événement Une nuit au musée de la philosophie, sur le thème La philosophie peut-elle sauver le monde? Cette soirée a offert aux participantes et participants une immersion dans la pensée philosophique à travers des expériences interactives, des œuvres d’art et des conférences grand public.

Des dilemmes moraux à vivre en direct
Trois modules interactifs ont permis aux visiteurs de se confronter à des questions éthiques concrètes. Parmi eux, le célèbre dilemme du tramway : faut-il actionner un levier pour sauver cinq vies au prix d’une seule ? Ces mises en situation, animées par des étudiantes et étudiants, ont suscité des débats passionnés sur la valeur des vies et la différence entre agir et laisser faire.
Un autre module, inspiré du philosophe John Rawls, invitait à lancer les dés pour explorer le concept du voile d’ignorance et réfléchir à la justice sociale. Un quatrième module abordait le dualisme cartésien en questionnant la relation entre corps et esprit.

Jeux et art pour penser autrement
Deux jeux originaux ont animé la soirée: Debatable, qui propose des débats sur des sujets allant de l’euthanasie à la pizza à l’ananas, et Le jeu des préceptes moraux, inspiré de l’Éthique d’Aristote et adapté d’un jeu portugais du XVIe siècle.
Trois œuvres d’art créées pour l’événement ont illustré des concepts philosophiques : Christine Sioui-Wawanoloath a représenté la violence épistémique, Gérard Ntunzwenimana a mis en image le contrat racial par un calligramme, et Angela Marsh a exploré l’état de nature à travers une installation végétale.

Des conférences qui font réfléchir
Trois conférences ont fait salle comble, abordant des enjeux actuels:

  • Naïma Hamrouni, professeure au Département de philosophie et des arts de l’Université du Québec à Trois-Rivières, a questionné les formes contemporaines de féminisme dans une présentation intitulée Féminisme pour le 99 %.
  • Catherine Rioux, professeure à la Faculté de philosophie, et Romane Marcotte, doctorante à la même faculté, ont montré comment la philosophie peut aider à prévenir la radicalisation.
  • Alexandre Gajevic Sayegh, directeur du baccalauréat intégré en philosophie et science politique et professeur à la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, a proposé une réflexion sur la justice climatique et l’effondrement possible de la civilisation.

Avec ses guirlandes lumineuses, ses discussions animées et ses expériences immersives, Une nuit au musée de la philosophie a prouvé que la réflexion peut être festive et accessible. 

Cet événement était organisé par la professeure Laura Silva du Département de science politique et soutenu par le FRQ, CRE, Chaire de recherche Démocratie et éthique publique, CSWIP, Chaire d’enseignement et de recherche La philosophie dans le monde actuel, L’IDÉA, Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires, et le Département de science politique (Université Laval).

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