2 décembre 2026

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Heure: 15h30 à 17h
Lieu: Pavillon Félix-Antoine-Savard, salle 413

Pour information
Catherine.Rioux@fp.ulaval.ca

Détails supplémentaires

Assistez à la conférence de Zoey Lavallée (McGill) intitulée AI chatbots and the risk of emotional overreliance / Les agents conversationnels d’IA et le risque de dépendance émotionnelle excessive. Cette activité est organisée dans le cadre des Ateliers de philosophie moderne et contemporaine.
La conférence se tiendra en anglais (English version below).

Résumé
L’utilisation croissante des agents conversationnels d’IA à des fins émotionnellement significatives soulève d’importantes préoccupations quant à la manière dont la dépendance à ces systèmes pourrait transformer la vie affective des individus. Cette conférence adresse l’une de ces préoccupations: le risque que certaines personnes deviennent trop dépendantes émotionnellement des agents conversationnels.

S’appuyant sur les travaux portant sur l’affectivité située (situated affectivity), l’analyse adopte d’abord une approche descriptive qui considère les agents conversationnels comme des supports affectifs (affective scaffolds). Elle élabore ensuite une conception normative de la dépendance émotionnelle excessive qui se distingue des formes bénignes ou bénéfiques de dépendance affective profonde.La dépendance émotionnelle excessive est présentée comme une forme de support affectif qui compromet les capacités mêmes de l’individu: la relation de dépendance finit par éroder la capacité d’un individu à réviser ses propres relations lorsque les circonstances l’exigent. Or, la vie humaine appelle de manière prévisible de telles révisions: les situations changent, les besoins et les intérêts affectifs évoluent, et le caractère des expériences affectives varie. Une personne dont la capacité à effectuer ces ajustements est compromise s’expose ainsi à des préjudices prévisibles.Cette analyse est ensuite appliquée aux agents conversationnels d’IA, avec une attention particulière portée aux agents conversationnels destinés à la psychothérapie. Certaines caractéristiques fondamentales de ces outils, souvent présentées comme des avantages, sont également susceptibles de favoriser cette forme de dépendance excessive. Les agents conversationnels actuels présentent ainsi, par leur conception même, un risque particulièrement important de ce type de préjudice.
 

Biographie de la conférencière
Zoey Lavallee est chercheuse postdoctorale en philosophie à l’Université McGill et membre du Centre de recherche en éthique (CRÉ). Elle a obtenu son doctorat au Graduate Center, CUNY (City University of New York). Ses travaux portent sur la philosophie de la psychiatrie et la philosophie de l’esprit, au croisement de la bioéthique, de la philosophie féministe et de l’épistémologie sociale.

Ses recherches explorent la manière dont les environnements sociaux, institutionnels et technologiques façonnent les émotions, la capacité d’agir et la compréhension de soi, et ce que cela implique pour l’équité et la justice en santé mentale. Elle s’intéresse tout particulièrement à la dépendance, aux injustices épistémiques et affectives liées au sanisme, ainsi qu’à l’évaluation normative des technologies émergentes en santé mentale, notamment avec les outils d’intelligence artificielle. Elle est également membre organisatrice de CRÉ-POHM (Pôle sur la santé mentale du Centre de recherche en éthique - CRÉ), un groupe de recherche interdisciplinaire consacré à la philosophie de la santé mentale.