27 novembre 2023

Heure: 11h30 à 12h20
Lieu: Pavillon Félix-Antoine-Savard, salle 413

Pour information
claude.lafleur@fp.ulaval.ca

Détails supplémentaires

Venez assister à la deuxième rencontre de 2023 des midis du Laboratoire de Philosophie Ancienne et Médiévale (LAPAM) de la Faculté de philosophie de l’Université Laval.

Madame Geneviève Barrette, professeure au Département de philosophie, Collège Ahuntsic et chargée de cours à la Faculté de philosophie de l’Université Laval prononcera, suivie d’une période de questions, une conférence intitulée:

La distinction aristotélicienne entre puissance subjective et puissance objective : une clé pour comprendre la réception critique de la distinction entre l’être et l’essence de Thomas d’Aquin.

Résumé: 

Thomas d’Aquin (m. 1274) pose, dans la créature, une différence entre son être (esse) et son essence (essentia). Peu discutée du vivant de l’Aquinate, cette distinction sera l’objet d’une controverse à l’Université de Paris dans la décennie suivant sa mort. Trois positions s’affronteront alors, soit la distinction réelle entre l’être et l’essence (Gilles de Rome), la distinction intentionnelle (Henri de Gand), ainsi que la distinction sémantique entre les termes « essence », « étant » et « être » (Godefroid de Fontaines). Dans cette communication, je soutiendrai que la distinction aristotélicienne entre puissance subjective et puissance objective, un élément clé de la distinction sémantique, met en lumière les présupposés ontologiques des différentes positions en présence. J’exposerai la façon dont Hervé de Nédellec, ardent défenseur de la pensée de Thomas, mais tenant de la distinction sémantique, mobilise la distinction entre puissance subjective et puissance objective pour défendre l’identité réelle de l’être et de l’essence dans la créature et rejeter les positions adverses.

Dans son Être, essence et contingence, Catherine König-Pralong rassemble et présente des textes de maîtres ayant pris part à la controverse. Selon son analyse, Gilles, Henri et Godefroid n’adoptent pas la conception thomasienne, sans pour autant s’inscrire en faux contre elle. La mise en lumière des présupposés ontologiques des positions sur la relation entre l’être et l’essence dans la créature permettra plutôt de constater (1) l’unité doctrinale entre la distinction entre l’être et l’essence adoptée par Thomas d’Aquin et celle défendue par Gilles de Rome et (2) l’incommensurabilité entre, d’une part, la distinction sémantique (Godefroid de Fontaines et Hervé de Nédellec) et, d’autre part, les distinctions réelle (Thomas d’Aquin et Gilles de Rome) et intentionnelle (Henri de Gand).

Entrée libre

Bienvenue à toutes et à tous!

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