18 novembre 2024

Heure: 11h30 à 12h20
Lieu: Pavillon Félix-Antoine-Antoine, salle 428

Détails supplémentaires

Venez participer à la conférence: «Le Pape est-il une personnalité justiciable? Analyse des enjeux juridico-philosophiques concernant le péché de simonie», suivie d'une période de questions.

Conférencière: Madame Tara Arrouet, Docteure en cotutelle de l’Université de Strasbourg et de l’Université Ca’Foscari de Venise.

 Résumé: 

Le péché de simonie, consistant notamment en l’achat ou la vente de biens spirituels, a progressivement été intégré dans les réflexions ecclésiologiques de la fin du Moyen Âge, afin de déterminer la nature et la puissance de l’autorité papale. Le Pape est-il soumis à la loi commune de l’Église ou en est-il exempt ? La question touche de près à la juridicisation de la communauté ecclésiastique, dont le point d’acmé est sans doute atteint au xiiie siècle sous le pontificat d’Innocent III. Ce débat a non seulement des implications théologiques, mais également philosophiques et politiques, dans la mesure où il questionne la nature et la légitimité du pouvoir ainsi que son caractère éphémère et transcendantal. La distinction fondamentale entre l’autorité et son représentant est ici un point important permettant de saisir la nécessité de délier la fonction de la personne qui l’incarne. Cet idéal, défini à travers le besoin de normaliser le pouvoir – civil ou ecclésiastique –, était en partie déterminé par l’émergence des droits savants et l’essor de systèmes juridiques distincts, mais aussi par l’influence de l’aristotélisme en matière d’éthique et de politique. Aristote avait encouragé le développement d’une conception ontologique fondamentale, affirmant la nécessité de distinguer une unité politique autonome de l’autorité ecclésiastique, dont l’une des conséquences directes consistait en l’impératif de produire une analyse rationnelle du pouvoir et des entités qui l’incarnaient, afin de normaliser son exercice. Cette communication a pour objectif de revenir sur les premiers débats portant sur les limites du pouvoir pontifical en s’intéressant aux conséquences juridico-philosophiques d’une telle démarche, notamment par le biais d’une analyse beaucoup plus rationnelle de la fonction papale, mais aussi de l’environnement social dans lequel ce type de discours a émergé. 

Entrée libre 

Bienvenue à toutes et à tous!