21 novembre 2025

Heure: 9h40
Lieu: Pavillon Félix-Antoine-Savard, salle 413 et en ligne (lien zoom à venir)

Pour information
acep@asso.ulaval.ca

Détails supplémentaires

La Journée de la recherche, événement biannuel de l'Université Laval, s'inscrit à la session d'automne 2025 dans le cadre des activités du 90ème anniversaire de la Faculté de philosophie. Elle prendra la forme d'un colloque où seront présentées, par des étudiantes et étudiants de la Faculté, des communications portant sur divers enjeux philosophiques. Ayant pour but de favoriser le partage et le dialogue entre les différents champs d’études en philosophie, la Journée de la recherche est l’occasion pour la communauté étudiante de venir partager ses intérêts de recherche ainsi que d’échanger avec ses pairs. Chaque présentation étudiante prendra la forme d’un exposé de vingt minutes et sera suivie d’une période de questions de dix minutes.

Cette édition accueillera Dominique Leydet, professeure titulaire au Département de philosophie de l'Université du Québec à Montréal pour une conférence intitulée: Guerriers du langage et philosophes : la philosophie politique et le combat des premiers peuples pour la liberté.

Résumée de la Conférence
Depuis plus de 20 ans, des intellectuels autochtones mettent en cause la façon dont la philosophie politique est généralement comprise dans la modernité occidentale, soit comme une entreprise de production de théories portant sur le politique, les droits, la justice, etc. Ces intellectuels contestent la prétention de telles théories d’arbitrer ou de rendre compte des luttes autochtones pour la liberté. Dans cette conférence, je vais m’intéresser à deux de ces interventions critiques afin de voir ce qu’elles impliquent pour la façon dont nous concevons notre discipline et notre pratique de philosophes politiques. Dans un premier temps, je m’intéresserai à la pensée du philosophe anishinabe Dale Turner (2006; 2020), selon lequel les philosophes allochtones ne peuvent penser contribuer aux luttes autochtones que s’ils conçoivent la philosophie comme une activité essentiellement dialogique et critique, d’écoute et de réponse aux voix autochtones portées par ceux et celles qu’il appelle les « guerriers du langage ». La philosophie apparaît alors comme une sorte de contexte dialogique interculturel à travers lequel nous apprenons à reconnaître les modes de pensée autochtones comme étant de véritables sources de connaissance, ce qui implique aussi une façon différente de penser les rapports politiques avec les premiers peuples. Dans un second temps, je me tournerai vers le livre récent du philosophe wendat Yann Allard-Tremblay (2025) qui soutient une position plus radicale, selon laquelle s’il existe des possibilités de tresser, de mailler des courants non dominants de la tradition philosophique occidentale avec des traditions de pensée autochtones, il nous faut reconnaître l’existence de « disjonctions » entre les traditions dominantes de la modernité européenne et les traditions autochtones, lesquelles ne peuvent être dépassées qu’à travers une transformation radicale des premières et leur « redirection » vers la pensée autochtone.