16 octobre 2023

Heure: 11h30 à 12h20
Lieu: Pavillon Félix-Antoine-Savard, salle 413

Pour information
claude.Lafleur@fp.ulaval.ca

Détails supplémentaires

Venez assister à la première rencontre de l'année des midis du Laboratoire de Philosophie Ancienne et Médiévale (LAPAM) de la Faculté de philosophie de l’Université Laval.

Madame Valeria A. Buffon, Professeure de philosophie médiévale, Universidad Nacional del Litoral (Santa Fe, Argentine), prononcera, suivie d'une période de questions, une conférence intitulée: Les maîtres ès arts de Paris discutent sur la providence divine.

Résumé: 

Au premier livre de l’Éthique à Nicomaque (1099b8-11), Aristote demande « si le bonheur est un bien qu’on peut acquérir par l’apprentissage, l’habitude ou encore quelque autre exercice, ou s’il échoit, comme le sort, par quelque providence divine, voire en raison de la fortune ». Cette mention de la providence divine est transmise dans la traduction latine médiévale (aut secundum quandam divinam providenciam vel fortunam advenit). Par conséquent, on pouvait en principe s’attendre à ce qu’elle soit expliquée par les maîtres ès arts dans leurs cours d’éthique à l’Université de Paris au XIIIe siècle, mais ces maîtres n’étaient statutairement pas censés enseigner la théologie. Le texte d’Aristote lui-même renvoie la discussion à une autre enquête (1099b13-14). En le suivant, certains maîtres parisiens de la première moitié du siècle repoussent la discussion : c’est le cas de Robert Kilwardby et, dans une certaine mesure, de l’auteur d’une Lectio de Naples. Cependant, un commentateur de cette époque traite du sujet, l’auteur anonyme de la Lectura cum questionibus in Ethicam Nouam et Veterem. Outrepassant les limites de l’enseignement ès arts, ce commentaire pose cinq questions sur la providence divine. Je me propose d’aborder ces questions, en particulier la cinquième (« Est-ce que le libre arbitre peut coexister avec la prescience de Dieu ? »/Utrum cum Dei prescientia possit stare liberum arbitrium ?), en tenant compte de l’arrière-plan théologique sur lequel le commentaire développe sa discussion. On constatera, dans ce cas, que la perspective philosophique insérée avec Aristote dans ce débat joue, comme on l’a dit, le rôle d’un « game changer » (T. Hoffmann, Free Will and the Rebel Angels in Medieval Philosophy, Cambridge, CUP, 2021, p. 22).

Entrée libre à toutes et à tous. Venez nombreux!

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