15 octobre 2025

Heure: 13h30
Lieu: Salle 413 du pavillon Félix-Antoine-Savard

Pour information
etudes2e3ecycles@fp.ulaval.ca

Détails supplémentaires

Titre de la thèse: «Une réinterprétation des Recherches philosophiques de Cornelius de Pauw. De la démocratie athénienne à la démocratie moderne»

PRÉSIDENT

  • Monsieur Pierre-Olivier Méthot, Faculté de philosophie, Université Laval

EXAMINATEURS

  • Monsieur, Jean-Marc Narbonne, directeur de recherche, Faculté de philosophie, Université Laval
  • Monsieur Hans-Jurgen Lüsebrink, codirecteur de recherche, Professeur associé, Faculté de philosophie, Université Laval
  • Madame Angela Ferraro, examinatrice, Faculté de philosophie, Université Laval
  • Monsieur Didier Ottaviani, examinateur, École Normale Supérieure de Lyon
  • Madame Susanne Greilich, examinatrice externe, Universität Regensburg

Résumé

Ce travail vise à démontrer la dimension politique et prodémocratique des trois Recherches philosophiques publiées par Cornélius de Pauw entre 1768 et 1788. Dès les Recherches sur les Américains (1768), souvent réduites à la polémique qu’elles suscitèrent, apparaît l’horizon de la démocratie athénienne. L’ouvrage constitue aussi une critique du concept d’«état de nature» défendu par Rousseau dans le Discours sur l’inégalité (1755). En récusant l’idée d’une valeur morale ou politique attachée à la nature, de Pauw ouvre la voie à une mise en question des institutions spartiates, développée plus tard dans les Recherches sur les Grecs.

Les Recherches sur les Égyptiens et les Chinois (1773) poursuivent cette perspective: par une discussion historique, elles contestent les thèses de Quesnay et Voltaire sur le despotisme, affirmant qu’il ne peut être ni «légal» ni «éclairé». Ici encore, la démocratie athénienne sert de référence critique.

Les Recherches sur les Grecs (1787-1788) occupent une place centrale. À travers une analyse nourrie des sources aristotéliciennes et démosthéniennes, de Pauw y érige Athènes en modèle libéral, commerçant et ouvert, opposé au « mirage spartiate ». Ce rejet de Sparte implique aussi une critique explicite des thèses politiques de Platon et de leurs héritiers (Rousseau, Mably, Jaucourt).

L’étude chronologique des textes permet de redéfinir le concept de Recherches philosophiques, clé de l’œuvre pauwienne, mais aussi méthode répandue au XVIIIe siècle. Enfin, replacer de Pauw dans une constellation d’auteurs et traducteurs peu étudiés contribue à dessiner une cartographie plus nuancée et décentrée des Lumières françaises, ouvrant la possibilité d’un autre XVIIIe siècle.